- L’espèce de bonheur qu’il me faut n’est pas tant de faire ce que je veux, que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
- On a de tout avec l’argent, hormis des coeurs et des bons citoyens.
- Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.
- On craignait sa vigilance, et le gaspillage était moindre. Elle-même craignait sa censure, et se contenait davantage dans ses dissipations...
- Souvenez-vous toujours que, même dans le mariage, le plaisir n’est légitime que quand le désir est partagé.
- Le prince seul a droit de battre monnaie attendu que lui seul a droit d’exiger que son témoignage fasse autorité parmi tout un peuple.
- J’étais un impie, un athée, un forcené, un enragé, une bête féroce, un loup.
- La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre; il n’y a point de milieu.
- Que de voix vont s’élever contre moi ! J’entends de loin les clameurs de cette fausse sagesse qui nous jette incessamment hors de nous...
- Il n’est permis de marchander sur le prix des bienfaits que quand on nous accuse d’ingratitude.
- Un innocent persécuté prend longtemps pour un pur amour de la justice l’orgueil de son petit individu.
- Ce qui nous est défendu par la conscience n’est pas d’être tentés, mais de nous laisser vaincre aux tentations.
- La conscience ne trompe jamais; elle est le vrai guide de l’homme : elle est à l’âme ce que l’instinct est au corps; qui la suit obéit à la nature et ne craint point de s’égarer.
- S’il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi, c’est un hommage que l’honnête homme doit rendre à sa propre dignité.
- Il n’y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté.
- On ne put m’arracher l’aveu qu’on exigeait... Il fallut que la force même cédât au diabolique entêtement d’un enfant, car on n’appela pas autrement ma constance.
- Pour moi, je dirais au contraire qu’il n’y a que les Français qui ne savent pas manger, puisqu’il faut un art si particulier pour leur rendre les mets mangeables.
- Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire; mais l’acte positif qui le rend propriétaire de quelque bien l’exclut de tout le reste. Sa part étant faite, il doit s’y borner, et n’a plus aucun droit à la communauté.
- L’on a remarqué que la plupart des hommes sont, dans le cours de leur vie, souvent dissemblables à eux-mêmes, et semblent se transformer en des hommes tout différents.
- Mon enfant, il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.
- Tantôt j’étais un homme noir, et tantôt un ange de lumière. Je me suis vu dans la même année vanté, fêté, recherché, même à la cour, puis insulté, menacé, détesté, maudit.
- Mais en lui détaillant avec simplicité tout ce qui m’est arrivé, tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai pensé, tout ce que j’ai senti, je ne puis l’induire en erreur...
- Il me paraît donc certain que non seulement les gouvernements n’ont point commencé par le pouvoir arbitraire, qui n’en est que la corruption, le terme extrême, et qui les ramène enfin à la seule loi du plus fort, dont ils furent d’abord le remède.
- Le moment de la possession est une crise de l’amour.
- La conscience est la voix de l’âme, les passions sont la voix du corps.
- L’astre qui partage les jours, et qui nous prête sa lumière, vient de terminer sa carrière Et commencer un nouveau cours. Avec une vitesse extrême Nous avons vu cet an passer. Nous verrons s’écouler de même Celui qui le va remplacer.
- L’âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu’à la tristesse prolongée.
- Cet honnête ecclésiastique était un pauvre vicaire savoyard, qu’une aventure de jeunesse avait mis mal avec son évêque, et qui avait passé les monts pour chercher les ressources qui lui manquaient dans son pays.
- Je sens mon coeur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins suis-je autre...
- Venez nourrir mon coeur de vos regrets, venez l’abreuver de vos larmes, c’est la seule consolation que l’on puisse attendre.
- Pour moi, qui ne voyais point entre elle et moi de disconvenance, je pris la chose au sérieux; je me livrai de tout mon coeur.
- Si chaque homme pouvait lire dans le coeur de tous les autres, il y aurait plus de gens qui voudraient descendre que de ceux qui voudraient monter.
- Pour aimer la vie paisible et domestique, il faut la connaître; il faut en avoir senti les douceurs dès son enfance. Ce n’est que dans la maison paternelle qu’on prend du goût pour sa propre maison.
- J’aurais aimé mon état, je l’aurais honoré peut-être, et après avoir passé une vie obscure et simple, mais égale et douce, je serais mort paisiblement dans le sein des miens.
- La seule passion naturelle à l’homme est l’amour de soi-même, ou l’amour-propre pris dans un sens étendu.
- Ah ! Que veux-tu qu’un coeur brûlé d’amour fasse durant tant de siècles ? L’absence même serait moins cruelle.
- La haine ainsi que l’amour rend crédule.
- On ne songe qu’à conserver son enfant; ce n’est pas assez; on doit lui apprendre à se conserver étant homme, à supporter les coups du sort, à braver l’opulence et la misère...
- Les enfants qu’on presse trop de parler n’ont le temps ni d’apprendre à bien prononcer, ni de bien concevoir ce qu’on leur fait dire.
- L’apparente facilité d’apprendre est cause de la perte des enfants. On ne voit pas que cette facilité même est la preuve qu’ils n’apprennent rien.