Ah ! Que veux-tu qu’un cœur brûlé d’amour fasse durant tant de siècles ? L’absence même serait moins cruelle.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons Ah ! Que veux-tu qu’un cœur brûlé d’amour fasse durant tant de siècles ? L’absence même serait moins cruelle.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), Première partie
… Mais, ma Julie, il en est, il en peut être de plus solides à la contrainte où nous vivons, et tu sembles les oublier! Quoi! passer quinze jours entiers si près l’un de l’autre sans se voir ou sans se rien dire!Ah! que veux-tu qu’un cœur brûlé d’amour fasse durant tant de siècles? L’absence même serait moins cruelle.Que sert un excès de prudence qui nous fait plus de maux qu’il n’en prévient? Que sert de prolonger sa vie avec son supplice? Ne vaudrait-il pas mieux cent fois se voir un seul instant et puis mourir?
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Mais qui peut arrêter l’impétueuse ivresse
D’un cœur brûlant d’amour et que le plaisir presse !
Mon ami, l’on peut sans amour avoir les sentiments sublimes d’une âme forte : mais un amour tel que le nôtre l’anime et la soutient tant qu’il brûle.
Si tu veux faire de ta vie un maillon d’éternité et rester lucide jusque dans le cœur du délire, aime… Aime de toutes tes forces, aime comme si tu ne savais rien faire d’autre, aime à rendre jaloux les princes et les dieux… car c’est en l’amour que toute laideur se découvre une beauté. Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n’aura que l’âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme.
Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer,
On n’aime point, seigneur, si l’on ne veut aimer.
L’on sent à cet âge charmant Certain besoin d’aimer qui presse ; L’on est ami, l’on est amant, bien moins par choix que par ivresse ; Le cœur veut un attachement, et s’abandonne à la tendresse.
Le cœur préfère l’amour qui fait souffrir à l’indifférence qui laisse isolé.
Je vous aime comme un insensé ; comme ni mon âge, ni une longue habitude de la vie, ni mon cœur, froissé depuis longtemps par la douleur et fermé depuis à toute émotion profonde, ne devraient me permettre encore d’aimer.
L’amour ça va ça vient, c’est pas pour toujours. Un feu il faut forcément qu’il s’éteigne à un moment ou à un autre. On a beau rajouter du petit bois, arrive une heure où on a épuisé ses réserves et puis c’est tout.
Mieux vaut aimer dans les enfers que d’être sans amour dans le paradis.
Ces cœurs que l’on croit tendres et qui ne sont que corrompus, l’amour y laisserait de mêmes et aussi durables creux que nos doigts aux jambes de la belle Madame.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.