La seule passion naturelle à l’homme est l’amour de soi-même, ou l’amour-propre pris dans un sens étendu.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons La seule passion naturelle à l’homme est l’amour de soi-même, ou l’amour-propre pris dans un sens étendu.
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Source vérifiée
Émile, ou De l’éducation (1782), livre II
Posons pour maxime incontestable que les premiers mouvemens de la nature sont toujours droits: il n’y a point de perversité originelle dans le cœur humain. Il ne s’y trouve pas un seul vice dont on ne puisse dire comment & par où il y est entré.La seule passion naturelle à l’homme, est l’amour de soi-même, ou l’amour-propre pris dans un sens étendu.Cet amour-propre en soi ou relativement à nous est bon & utile, & comme il n’a point de rapport nécessaire à autrui, il est à cet égard naturellement indifférent; il ne devient bon ou mauvais que par l’application qu’on en fait & les relations qu’on lui donne. …
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La passion amoureuse est une manière d’entrer en résonance avec l’autre, corps et âme, et avec lui ou elle seuls. Nous sommes en deçà et au-delà de la philosophie.
À force de parler d’amour, on devient amoureux. Il n’y a rien si aisé. C’est la passion la plus naturelle à l’homme.
Ne rien aimer, ce n’est pas vivre ; n’aimer que faiblement, c’est languir plutôt que vivre. Toutes les plus folles passions qui transportent les hommes ne sont que le vrai amour déplacé, qui s’est égaré loin de son centre.
L’amour unifie, et rend chaque homme à lui-même ; l’homme n’est vraiment soi que lorsque, par la force de l’amour, il devient plus grand que lui-même, extérieur à lui-même.
L’amour n’est pas naturel ; et le désir lui-même ne l’est pas longtemps. Mais les sentiments vrais sont des œuvres.
Rien de plus naturel que de vouloir être aimé pour soi-même. Et rien de plus sot, car soi-même n’existe pas. L’amour est toujours approximatif.
C’est la raison qui engendre l’amour-propre, et c’est la réflexion qui le fortifie ; c’est elle qui replie l’homme sur lui-même.
De tous les sentiments dont le cœur de l’homme est capable, il n’y a que l’amour de Dieu par où l’homme puisse rendre en quelque manière la pareille à Dieu.
L’amour est le premier plaisir, la plus douce et la plus flatteuse de toutes les illusions : puisque ce sentiment est si nécessaire au bonheur des humains, il ne faut pas le bannir de la société.
L’amour est la seule passion qui se paye d’une monnaie qu’elle fabrique elle-même.

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