Il n’y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté.
Écrivain, 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour, Domaine public, Wikimedia Commons Il n’y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté.
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Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), Cinquième partie
… Prenez-y garde, mon cher; il règne encore dans vos lettres un ton de mollesse et de langueur qui me déplaît, et qui est bien plus un reste de votre passion qu’un effet de votre caractère. Je hais partout la faiblesse, et n’en veux point dans mon ami.Il n’y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté.Osez-vous bien compter sur vous avec un cœur sans courage? Malheureux! si Julie était faible, tu succomberais demain et ne serais qu’un vil adultère. Mais te voilà resté seul avec elle: apprends à la connaître, et rougis de toi.
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Le remords, cette vertu des faibles, ne l’atteignait pas. Le remords est une impuissance, il recommencera sa faute. Le repentir seul est une force, il termine tout.
La faiblesse est un défaut que nous a donné la nature, que nous ne pouvons détruire, contre lequel nous avons sans cesse à nous défendre, et dont aucun homme de bonne foi, et capable de quelque courage, ne se vantera jamais d’avoir toujours triomphé.
On pardonne toujours à la force. Mais la faiblesse n’a pas d’excuse, n’est pas charitable, parce qu’elle n’a rien à offrir.
Ce qui est redoutable… C’est un pouvoir illimité commandé par un esprit borné. Il n’est pas de violence ni de crime qu’il ne faille craindre de mains vigoureuses au service d’une tête faible.
La lâcheté a quelque chose de fascinant. Peut-être parce qu’elle ne connait pas de limites, contrairement au courage.
Où les facultés de l’esprit viennent s’ajouter à la volonté mauvaise et à la puissance, il n’y a pour les hommes aucun moyen de défense.
La cruauté est la force des lâches.
Rien n’est plus dangereux pour l’individu, rien ne détruit plus sûrement son moral que de s’occuper constamment de lui-même et de son état, de remâcher son insatisfaction, son abandon et sa faiblesse.
Il n’y a pas de morale sans liberté.
On ne peut répondre de son courage quand on n’a jamais été dans le péril.

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