Rien n’est plus dangereux pour l’individu, rien ne détruit plus sûrement son moral que de s’occuper constamment de lui-même et de son état, de remâcher son insatisfaction, son abandon et sa faiblesse.
Poète, 1877-1962Rien n’est plus dangereux pour l’individu, rien ne détruit plus sûrement son moral que de s’occuper constamment de lui-même et de son état, de remâcher son insatisfaction, son abandon et sa faiblesse.
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Enfance d'un magicien
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Le remords, cette vertu des faibles, ne l’atteignait pas. Le remords est une impuissance, il recommencera sa faute. Le repentir seul est une force, il termine tout.
Avoir le courage de regarder sa vie en face, de n’y voir rien d’ajusté, rien d’harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager.
Il n’y a pas de bonheur pour celui qui opprime et persécute ; non, il ne peut y avoir de repos pour lui. Car les soupirs du malheureux cri de vengeance au ciel.
C’est le métier de tout homme de parler de patience à ceux qui se tordent sous le poids de la souffrance ; mais nul n’a la vertu ni le pouvoir d’être si moral, quand il endure lui-même la pareille.
L’impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d’autrui.
Un homme fait ce qu’il a à faire malgré les conséquences sur sa vie, les obstacles, les dangers et la pression ; c’est la base de toute morale humaine.
On ne vit point assez pour profiter de ses fautes ; on en commet pendant tout le cours de sa vie, et tout ce que l’on peut faire. À force de faillir, c’est de mourir corrigé…
Enfermé dans la souffrance, isolé dans le plaisir, solitaire dans la mort, l’homme est condamné, par sa condition même, à ne jamais satisfaire un désir de communication auquel il ne saurait renoncer.
Il n’y a qu’une seule vertu, la justice ; un seul devoir, de se rendre heureux ; un seul corollaire, mépriser quelquefois la vie.
En fait de calomnies, tout ce qui ne nuit pas sert à celui qui est attaqué.

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