- J’aime les trains russes, j’aime leur lenteur, pas plus de soixante kilomètres à l’heure en moyenne, qui permet de se laisser doucement engourdir par la monotonie du paysage.
- La nuit je vois parfois la silhouette d’un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C’est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
- La fenaison transforme le paysage en y inscrivant les traces d’une archéologie éphémère.
- Ce qui me surprend toujours, c’est qu’on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu’elle soit.
- Qu’est-ce que le métier de paysagiste ? Participer à l’inscription des équipements collectifs dans le paysage, en essayant de le blesser le moins possible, de réintroduire du végétal, de relancer une sorte de dialogue entre le bâti et le planté.
- Réalisme. Art de dépeindre la nature telle qu’elle est vue par les crapauds. Charme qui ressort d’un paysage peint par une taupe, ou d’une histoire écrite par un asticot.
- La banlieue est un paysage qui a de la gueule, il y a des perspectives, des lignes de fuite. L’oeil a de quoi être nourri.
- Ecologiser la gauche, ce n’est pas la repeindre en vert, avec un arbre et un oiseau dans le paysage...
- J’ai vu des alizés déployer. Des nuages de paysage en gouttelettes.
- Un paysage quelconque est un état de l’âme.
- Il y a pour les amoureux un plaisir infini à trouver dans un paysage la poésie qu’ils ont dans l’âme.
- Toute la poésie cachée qui était en moi s’est réveillée, dans la chaude lumière de ce radieux paysage, je sentais une émotion inconnue m’agiter, c’était le papillon de l’âme qui s’éveillait au fond de sa chrysalide et qui sentait palpiter ses ailes.
- Mais cet oeil n’existe pas, pas plus que ces mains, que cette guitare, ce paysage où passe un boutre brouillardeux.
- Il serait difficile de citer un type de paysage où le ciel ne serait pas la note dominante, la mesure de l’espace et le véhicule principal du sentiment.
- Nous vivons dans un tableau, ici. Nous sommes emmurés ! On croit qu’on est au centre du monde, comme on dit. Mais c’est le paysage, le décor, qui finit par vous dégouliner dessus. Une sorte de vernis quotidien de résignation. De renoncement...
- La rivière, la vie comme image du baluchon tenu à bout de bras au-dessus de l’eau, avant d’être submergé.
- Dommage que ces maisons très avenantes soient dans un paysage si ingrat.
- La voiture est comme un coffre jeté du haut d’un pont. On y étouffe. On n’y entend rien d’autre qu’un sourd et inquiétant rugissement. Le paysage tourbillonne dehors. On ne peut rien en saisir.
- L’événement, création de l’initiative individuelle, enfante un nouveau paysage. Regardez le 11 septembre 2001 De toute façon, l’histoire, quelle qu’elle soit, est toujours un récit. Et jamais elle n’épuise complètement une réalité.
- Chaque soir, la lumière de Hollande rase le paysage. Chaque matin, il repousse.
- Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l’ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j’ai beau chercher, je n’en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance.
- Nous ne sommes que prétexte dans le paysage au passage de la vie et de l’ailleurs.
- La nature n’est pas un paysage statique sur une toile tendue. C’est un visage vivant marqué par toutes nos sensations, nos larmes et nos cris, et qui nous tire une galaxie de langues !
- Le paysage de Paris rossignol du monde variait de minute en minute et parmi les cires de ses coiffeurs élançait ses jolis arbres printaniers, pareils à l’inclinaison de l’âme sur l’horizon.
- L’Ouest dont je parle n’est rien qu’un synonyme du mot « sauvage », et ce que je me prépare à dire, c’est que dans la Vie sauvage repose la sauvegarde du monde.
- Combe est un mot très-français qui signifie une vallée étroite et courte, creusée entre deux montagnes... Il n’y a pas un village dans tout le royaume où cette expression ne soit parfaitement intelligible.
- Une belle femme est encore embellie par un paysage qui lui va bien.
- C’est un paysage désolé. Une désolation. Evidemment, çà ne veut rien dire. Un paysage ne pense pas, il ne peut pas être désolé.
- Finalement, les femmes et les hommes n’ont eu de cesse d’explorer de nouveaux territoires, de plonger dans les forêts et les mers, les montagnes et les plaines, tout ce qui les dépassait, pour réduire l’ensemble en esclavage.
- Arthur Rimbaud fut un mystique à l’état sauvage, une source perdue qui ressort d’un sol saturé.