Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l’ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j’ai beau chercher, je n’en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance.
Image : Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux...

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- C’est ma mère, ce n’était plus la femme que j’avais toujours connue au-dessus de ma vie, et pourtant, sous sa figure inhumaine, par sa voix, ses gestes, son rire, c’était ma mère, plus que jamais.
- J’avais le privilège de vivre depuis le début, constamment, en toute conscience, ce qu’on finit toujours par découvrir dans la stupeur et le désarroi : l’homme qu’on aime est un étranger.
- J’ai vécu jour après jour la différence entre lui et moi, coulé dans un univers rétréci, bourrée jusqu’à la gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses.
- Toute la poésie cachée qui était en moi s’est réveillée, dans la chaude lumière de ce radieux paysage, je sentais une émotion inconnue m’agiter, c’était le papillon de l’âme qui s’éveillait au fond de sa chrysalide et qui sentait palpiter ses ailes.
- Les femmes de la Salpêtrière n’étaient désormais plus des pestiférées dont on cherchait à cacher l’existence, mais des sujets de divertissement que l’on exposait en pleine lumière et sans remords.
- Mon désir de femme me tourmentait... Je pensais tellement à une femme, à toutes les femmes que je connaissais, à toutes les circonstances dans lesquelles je les avais appréciées, que ma cellule serait remplie de leurs visages et encombré de mes désirs.
- A qui d’entre nous n’est-il pas arrivé au cours de son existence d’éprouver tout à coup, au passage d’une femme dans une rue, ou un salon, sur une route, une sorte d’aura, de frisson physique et moral...
- Véronique, irréparablement enlaidie, deviendrait cette amie très douce, cette compagne bienfaisante des heures de lassitude intellectuelle et de tristesse, cette quasi-soeur qu’on avait rêvée et que la jolie femme ne pouvait être.
- C’est seulement en vieillissant que l’on s’aperçoit que la beauté est rare, que l’on comprend le miracle que constitue l’épanouissement d’une fleur au milieu des ruines et des canons, la survie des œuvres littéraires au milieu des journaux et des cotes boursières.
- J’ai un peu voyagé; j’ai vu des mortels fort au-dessous de nous, j’en ai vu de fort supérieurs; mais je n’en ai vu aucuns qui n’aient plus de désirs que de vrais besoins, et plus de besoins que de satisfaction.
- Paris, femmes, soleil, soleil de minuit. Le Bois, le thé, le dancing, les courses, le cabaret. Femme... Est-ce la même, je ne la reconnais pas, ce matin elle était si simple, si effacée dans sa robe presque unie, la voici ce soir, chair et perles.
- Le temps de la prime jeunesse, un âge rêveur, exalté, durant lequel on poétise la femme, on divinise sa chair inaccessible, on vit dans une attente farouche du miracle amoureux.
- Alors commença l’intimité enfantine et charmante des niaiseries d’amour, des petits mots bêtes et délicieux, le baptême avec des noms mignards de tous les détours et contours et replis de leurs corps où se plaisaient leurs bouches.
- La pruderie qui survit, chez une femme, à la jeunesse et à la beauté, me semble un épouvantail pour les oiseaux, oublié dans les champs après la moisson.
- Tout est routine passé les élans de la jeunesse, les plus belles, nobles aventures, ça s’aboutit dans les scribouillages fastidieux... à votre bon coeur messieurs dames enivrés d’émotions fortes !