Citations sur la nature

  1. La Nature paraît se servir des hommes pour ses desseins, sans se soucier des instruments qu’elle emploie, à peu près comme les tyrans qui se défont de ceux dont ils se sont servis.
    Source vérifiée Maximes et Pensées (1923), chapitre 2, 114
  2. Marcher toujours par le chemin le plus court ; et le plus court chemin, c’est celui qui est selon la nature.
    Source vérifiée Pensées pour moi-même (1876, trad. Jules Barthélemy-Saint-Hilaire), livre IV, 51
  3. Paysage de l’émotion, région supérieure de l’amour où nous construisons des tombeaux jamais occupés, lorsque la métamorphose physique finale est évoquée en votre présence l’homme prend quelque noblesse.
    Source vérifiée La liberté ou l’amour ! (1927), VII. Révélation du monde, p. 66
  4. On a toujours associé la campagne à l’amour et l’on a bien fait : rien n’encadre la femme que l’on aime comme le ciel bleu, les senteurs, les fleurs, les brises, la solitude resplendissante des champs ou des bois.
    Source vérifiée La Dame aux camélias (1848), chapitre XVI
  5. La terre, sous mes pieds, n’est qu’un immense journal déplié. Parfois une photographie passe, c’est une curiosité quelconque et des fleurs monte uniformément l’odeur, la bonne odeur de l’encre d’imprimerie.
    Source vérifiée Poisson soluble (1924)
  6. À ceux qui ne connaissent pas le bonheur, la nature dans ces moments généreux leur en apporte avec les odeurs des bois et les cris des oiseaux, avec les chants du feuillage et toutes ces choses où palpite l’enfance.
    Source vérifiée Léviathan (1929), chapitre XIII, p. 156
  7. On ne voit pas deux fois le même cerisier, ni la même lune découpant un pin. Tout moment est dernier, parce qu’il est unique. Chez le voyageur cette perception s’aiguise par l’absence des routines fallacieusement rassurantes propres au sédentaire, qui font croire que l’existence pour un temps restera ce qu’elle est.
    Source vérifiée Le Tour de la prison (1991), chapitre I. « Basho sur la route », p. 602
  8. L’ordre inférieur est un miroir de l’ordre supérieur ; les formes de la terre correspondent aux formes du ciel ; les taches de la peau sont une carte des constellations incorruptibles ; Judas reflète Jésus en quelque sorte.
    Source vérifiée Le Livre De Sable
  9. Le mal moral est incontestablement notre ouvrage, et le mal physique ne serait rien sans nos vices qui nous l’ont rendu sensible. N’est-ce pas pour nous conserver que la Nature nous fait sentir nos besoins ?
    Source vérifiée Émile, ou De l’éducation (1782), livre IV
  10. La nature entière paraît alors comme une pierre précieuse à mille facettes, sur laquelle est gravé le nom mystérieux. On embrasserait volontiers tous ceux qu’on voit sourire, et on se sent le frère de tout ce qui existe.
    Source vérifiée La Confession d’un enfant du siècle (1836), Première partie
  11. Si l’on est assez vieux, alors on a l’impression que l’existence entière, avec ses joies et ses souffrances, ses amours et ses découvertes, ses amitiés, ses liaisons, les livres, la musique, les voyages et le travail ne constituent rien d’autre qu’un long détour menant à l’éclosion de ces instants où Dieu se révèle, où le sens et la valeur de tout ce qui existe et se produit s’offrent à nous à travers la forme d’un paysage, d’un arbre, d’un visage, d’une fleur.
    Source vérifiée Éloge de la vieillesse
  12. Et un tourbillon du nord, errant ça et là Comme un loup qui aurait flairé un enfant mort, secoua les rameaux ainsi chargés, et lourds, et raides, et les brisa net de sa griffe rigide.
    La Sensitive
  13. Dans les sociétés où nous vivons, le souci de l’environnement ressemble à un chemin pavé d’écogestes insignifiants, dérisoires, et toute initiative isolée s’apparente à un sacrifice inutile.
    Philippe SquarzoniSaison brune (2012)
  14. Le jour, des oiseaux fantastiques volaient à travers la foret pétriffiée et des crocodiles gemmés étincelaient tels des salamandres héraldiques sur les rives de fleuves cristallins.
    James Graham BallardLa Forêt de cristal (1967)
  15. Ponctuation : les points d’exclamation de la pluie, la virgule des herbes, les points de suspension du brouillard, la parenthèse de midi, le point final du soir, l’alinéa de l’aube.
    Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)
  16. Ombellifères, le parapluie des cicindèles.
    Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)
  17. Quelle vie ! La beauté du paysage, le succès de leur entreprise ne pouvaient en aucun cas compenser l’ennui de leur train-train quotidien.
    William BoydComme neige au soleil (1982)
  18. Un paysage ne ment pas, mais le regard le déguise, ce qui le rend toujours différent, comme s’il devenait un reflet de notre état d’âme.
    Victor Del ArbolLa Maison des chagrins (2013)
  19. C’est un paysage désolé. Une désolation. Evidemment, çà ne veut rien dire. Un paysage ne pense pas, il ne peut pas être désolé.
    Les évaporés (2013)
  20. La terre est le corps du voyage, le vent en est l’âme… J’aime la terre et l’air d’un amour égal, et, en moi, leurs puissances s’accordent.
    Un rameau de la nuit (1950)
  21. De mon garde-fou, je vois l’horizon tout feuillage Que le souffle fait chavirer.
    Loïc DecrauzeLes Boyaux de la Pomme à Guillaume (1987)
  22. Il n’existe pas de beauté sur le Plateau, au sens où il entend ce mot. Pas d’émotion palpable, rien que le froid déroulement du temps.
    Plateau (2017)
  23. Nous ne sommes que prétexte dans le paysage au passage de la vie et de l’ailleurs.
    Mon terroir c’est les galaxies (1980)
  24. Chaque soir, la lumière de Hollande rase le paysage. Chaque matin, il repousse.
    Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)
  25. La voiture est comme un coffre jeté du haut d’un pont. On y étouffe. On n’y entend rien d’autre qu’un sourd et inquiétant rugissement. Le paysage tourbillonne dehors. On ne peut rien en saisir.
    La Petite fille de Monsieur Linh (2005)
  26. Il serait difficile de citer un type de paysage où le ciel ne serait pas la note dominante, la mesure de l’espace et le véhicule principal du sentiment.
    John ConstablePandemia (2015)
  27. Ils déambulèrent dans les jardins de Clare College et, au lieu de lui parler de la sanglante Bosnie, justin lui présentat chaque plante par ses prénom, nom de famille et profession.
    La Constance du jardinier (2001)
  28. J’ai plus de vie passée à regarder la terre, l’eau, les nuages, les murs, les outils, que les visages. Et je les aime.
    Trois Chevaux (1992)
  29. Polluer, c’est d’abord s’approprier. Pour ne plus polluer, il faut apprendre à ne plus s’approprier les choses.
    Pantopie : de Hermès à petite poucette (2014)
  30. J’adore le brouillard ! On y trouve de tout : des femmes en détresse, des fantômes et des fous. L’aventure, l’amour et la mort.
    Stanilas-André SteemanL’assassin habite au 21 (1939)
  31. Lorsque votre corps est séparé depuis trop longtemps de la Nature, votre esprit s’étiole et meurt parce qu’il a été arraché de ses racines.
    Père Anthony de Mello
  32. Je ne veux pas, tel un papillon blanc Rendre à la terre une cendre empruntée. Je désire que mon corps pensant Se transforme en rue, en contrée, corps vertébré, corps calciné De sa longueur conscient.
    Ossip Emilievitch MandelstamLe Bruit du temps
  33. Dans le creux d’une pierre, au bord d’un chemin aux pavés herbeux, un ver luisant choyait sa goutte de lumière lunaire.
    A. O. Barnabooth (1913), Journal intime, II, 10 juin
  34. J’aime Paimpol et sa falaise Son église et son Grand Pardon J’aime surtout ma Paimpolaise Qui m’attend au pays Breton.
    Théodore BotrelLa Paimpolaise
  35. La nature n’a que faire d’un grand destin pour se montrer et déployer sa force. Partout, dissimulée ou au grand jour, elle se manifeste avec la même intensité.
    Essais, III, 13, De l’expérience
  36. Ce qu’est Heathliff : un être resté sauvage sans raffinement, sans culture un désert aride d’ajoncs et de basalte.
    Les Hauts de Hurlevent (1847)
  37. Les arbres géants de la perspective s’écartent comme un rideau de théâtre, et c’est une échappée soudaine sur les méandres de la Seine…
    Louis BertrandLouis XIV (1923)
  38. Des cailloux, du sable, ces drôles d’arbres dont les épines tranchent comme des poignards, tout ça sous un soleil à vous rissoler la cervelle… Comment les dieux ont-ils bien pu créer un pays pareil ?
    Thorgal, tome 10 : Le Pays Qâ (1997)
  39. Il y a pour les amoureux un plaisir infini à trouver dans un paysage la poésie qu’ils ont dans l’âme.
  40. Comme la musique et l’art, l’amour de la nature est un langage commun qui peut depasser les frontières politiques ou sociales.