La signature de livres permet de constater que certains auteurs qu’on croyait morts sont toujours vivants, et de mieux comprendre la morosité des personnes qui, à Amsterdam, attendent le chaland, assises dans une vitrine.
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- Pour comprendre l’histoire, continua-t-il, il faut entrer dans la maison et écouter ce que se racontent les ancêtres. Regarder les livres sur les rayons et les tableaux accrochés aux murs. Sentir les odeurs.
- Sache comprendre la fable grecque : elle nous enseigne qu’Achille était invulnérable, sauf en cet endroit de son corps qu’attendrissait le souvenir du contact des doigts maternels.
- Il y a des livres qu’on voudrait pouvoir envoyer à ceux qui sont morts.
- Un poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant.
- L’heureux temps chanté par Brassens où les gens avaient à coeur de mourir plus haut que leur cul est un temps maintenant révolu. On vit désormais dans une démocratie couchée, et il est naturel que les morts donnent l’exemple de l’humilité.
- Tous les héros de roman-feuilleton sont habitués à voir la mort en face. Faut-il croire qu’aucun d’eux ne l’a jamais vue de profil ? C’est peut-être plus effrayant.
- Ces maudits éditeurs veulent imprimer tout : ce sont des corbeaux qui s’acharnent sur les morts, comme l’envie sur les vivants.
- Si je ne mettais pas un disque ou la radio, c’était le silence, le calme des cimetières, et je retournais toujours voir les livres... Je creusais là-dedans comme un archéologue.
- Je suis convaincu que les oeuvres qui durent ne durent que par des malentendus, par toute la littérature dont la postérité les entoure, littérature où les intentions véritables des auteurs finissent par être noyées du tout et perdues de vue.
- Chacun de nous a son passé renfermé en lui comme les pages d’un vieux livre qu’il connaît par coeur, mais dont ses amis pourront seulement lire le titre.
- Poser un caillou sur une tombe, c’est déclarer à celui où celle qui y repose que l’on s’inscrit dans son héritage, que l’on se place dans l’enchaînement des générations qui prolongent son histoire.
- La civilisation implique qu’on se souvienne des morts, mais il faut laisser chacun construire avec eux son propre rapport.
- Défiez-vous des choses posthumes : quel que soit l’esprit avec lequel une vieille femme parle de sa beauté perdue il y a toujours dans sa louange la funèbre solennité de l’office des trépassés.
- Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
- Si vous ne voulez pas qu’on vous oublie, le jour où vous serez mort et pourri, écrivez des choses qui valent la peine d’être lues ou faites, des choses qui valent la peine d’être écrites.