Tous les héros de roman-feuilleton sont habitués à voir la mort en face. Faut-il croire qu’aucun d’eux ne l’a jamais vue de profil ? C’est peut-être plus effrayant.
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- Le mystère de la mort était entré, sans prendre conseil, et s’était assis entre eux sur un trône d’énigmes...
- Pour moi, lorsque je vois un mort, la mort m’apparaît alors comme un départ. Le cadavre me fait l’impression d’un costume qu’on a laissé derrière soi. Quelqu’un est parti, sans éprouver le besoin d’emporter son seul et unique vêtement.
- Aujourd’hui, dans le monde du spectacle, tout est préfabriqué. Même la guerre. Pas étonnant que la mort non plus ne nous touche pas.
- Je sais, par expérience, qu’il vaut mieux ne pas les regarder (les victimes). Il est plus facile de tuer ce qu’on ne connaît pas.
- La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L’infini n’est-il pas le secret des grandes mélancolies ?
- La mort est un monstre qui chasse du grand théâtre un spectateur attentif, avant qu’une pièce qui l’intéresse infiniment finisse.
- Et si l’amour devait être déçu par la mort, - le ver d’une telle désillusion - rongerait toutes choses, - et les étoiles même se faneraient - et deviendraient obscures.
- Pour moi, c’était la tragédie ultime, la véritable tragédie : comme tous les morts du monde, il avait été rétrogradé une fois pour toutes d’esprit hanté à esprit qui hante.
- C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort - et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
- Les héros doivent mourir jeunes, les grandes passions aussi, sinon le temps les corrompt, comme il corrompt tout ce qu’il touche. Paradoxalement, c’est par la mort qu’ils atteignent l’immortalité.
- La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.
- Ce n’est pas très gai de se suffire à soi-même. On marche sur les morts. On contemple son destin face à face, sans aucun voile comme font les imbéciles.
- Existe-t-il pensée plus consolante que de savoir les proches défunts à vos côtés ? La mort perd en gravité et en fatalité. Et l’existence gagne en valeur et en sens. Il n’y a ni un avant ni un après, mais un tout.
- Quand on lit le récit d’une vie "exemplaire" comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. A quoi bon ?
- Pourquoi donc n’est-il pas possible qu’après la mort nous gardions l’apparence parfaite des vivants, si les vivants peuvent dans le sommeil se faire semblables aux lugubres morts ?