Si je ne mettais pas un disque ou la radio, c’était le silence, le calme des cimetières, et je retournais toujours voir les livres... Je creusais là-dedans comme un archéologue.
Image : Si je ne mettais pas un...

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- Un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire.
- Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie.
- Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l’obscurité et du silence.
- J’ai longtemps aimé le silence pour lire. La quiétude d’un néant quelconque, impersonnel, pour savourer pleinement le cataclysme sonore des mots.
- Un jour, à force de caresser les mots, ils m’entraîneraient avec eux sous la surface, et il n’y aurait plus personne au-dessus du livre ouvert.
- Mes morts étaient les meubles ôtés qui avaient fait l’harmonie de ma maison. Comme leur présence physique, tout à coup, m’a manqué ! Et comme je me suis manqué en leur absence !
- Alors pourquoi est-ce que je me sens si vide ? Je sais que je vivais dans un monde imaginaire, mais au moins, j’étais quelque part. Aujourd’hui, je ne suis nulle part.
- C’était une force puissante et sournoise que celle de la solitude. Elle agissait sur moi en utilisant d’agréables atours : la lecture boulimique d’ouvrages littéraires. Elle n’en était pas moins une force de sape et de destruction.
- La même démarche me fait chercher le bruit caché dans le silence, le mouvement dans l’immobilité, la vie dans l’inanimé, l’infini dans le fini, des formes dans le vide, et moi-même dans l’anonymat.
- La dernière à se lever de son lit, tout simplement, comme si la vie entière était contenue dans les pages des livres, comme s’il suffisait de rester là, à l’abri, à contempler la vie de loin.
- Ecoute ce silence, dit Marguerite, tandis que le sable bruissait légèrement sous ses pieds nus, écoute, et jouis de ce que tu n’as jamais eu de ta vie le calme.
- Au-delà encore du silence, il y a la solitude terminale, entre l’abandon et la trahison.
- Ah ! Quelle nécropole que le coeur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
- Les livres sont des chapelets d’encre noir, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot. Et c’est quoi, au juste, prier. C’est faire silence. C’est s’éloigner de soi dans le silence.
- J’ai souvent relu mes premiers comptes rendus et vu l’ignorance, la naïveté puérile, le cerveau peu intelligent qui, dans une pièce obscure, regardait par le trou de la serrure, la lumière éblouissante du dehors.