La généralité carcérale, en jouant dans toute l’épaisseur du corps social et en mêlant sans cesse l’art de rectifier au droit de punir, abaisse le niveau à partir duquel il devient naturel et acceptable d’êre puni.
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- Un supplice bien réussi justifie la justice, dans la mesure où il publie la vérité du crime dans le corps même du supplicié.
- Les juges sont eux-mêmes exposés à tous les déséquilibres... Soumis au pouvoir exécutif, ils réduiraient la justice à être une auxiliaire de la police; dressés contre lui; ils transformeraient la séparation des pouvoirs en conflit des pouvoirs...
- Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code morale qui le glorifie.
- La prison, c’est aussi un rythme et des habitudes dans lesquels il faut se fondre.
- Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d’Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
- L’une des fonctions principales d’un ami consiste à subir, sous une forme plus douce et symbolique, les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis.
- La terre est une colonie pénitentiaire où nous avons à subir la peine de crimes commis dans une existence antérieure et dont nous gardons le vague souvenir dans la conscience qui nous pousse vers l’amélioration. Nous sommes par conséquent tous des criminels.
- La parité se trouve de plus en plus bafouée au fil des séries policières où, désormais, les femmes assurent l’ordre et rendent la justice tandis que les hommes héritent des rôles de petits malfrats.
- Le public est si malin qu’il rend moins volontiers justice aux vivants qu’aux morts, et que souvent il n’élève les morts que pour rabaisser les vivants.
- La perspective d’un châtiment modéré, mais auquel on est sûr de ne pouvoir échapper, fera toujours une impression plus vive que la crainte vague d’un supplice terrible, dont l’espoir de l’impunité anéantit presque toute l’horreur.
- Un cas où l’injustice tyrannique s’en tire aisément, c’est quand elle est exercée, même effrontément, contre un groupe nettement défini et pas très nombreux.
- Sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi en prison.
- La moralité ne peut pas être légiférée, mais le comportement peut être réglementé. Les décrets judiciaires peuvent ne pas changer le coeur, mais ils peuvent retenir les sans-coeur.
- L’opinion des autres est une prison.
- Depuis quand le justice se soucie-t-elle du bien être des victimes ? La justice punit le coupable, mais quelle énergie insuffle-t-elle à la victime pour lui permettre de revivre ? Aucune !