Les juges sont eux-mêmes exposés à tous les déséquilibres... Soumis au pouvoir exécutif, ils réduiraient la justice à être une auxiliaire de la police; dressés contre lui; ils transformeraient la séparation des pouvoirs en conflit des pouvoirs...
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- Si tous ceux qui font le serment de dire la vérité observaient leur serment, il n’y aurait plus de procès, plus d’avocat, plus de juge; les palais de justice seraient déserts, car qu’est-ce qu’on viendrait y faire ?
- La politique fait entre les princes ce que les tribunaux de la justice font entre les particuliers : plusieurs faibles, ligués contre un puissant, lui imposent la nécessité de modérer son ambition et ses violences.
- L’affection ou la haine changent la justice de face. Et combien un avocat bien payé par avance trouve-t-il plus juste la cause qu’il plaide !
- La parité se trouve de plus en plus bafouée au fil des séries policières où, désormais, les femmes assurent l’ordre et rendent la justice tandis que les hommes héritent des rôles de petits malfrats.
- Le magistrat est la loi vivante. Car la loi en soi ne porte que les commandements ou défenses qui seraient illusoires si la peine et le magistrat ne leur donnaient une sanction. La force du commandement gît en la contrainte.
- La justice exige de la puissance, de l’intelligence et de la volonté. Elle ressemble à la reine des abeilles.
- Au volant, n’importe qui devient un chef, soucieux d’imposer la justice, sa justice, aux autres conducteurs... Les complexes se défoulent, les fantasmes se rentrent dedans à cent à l’heure.
- Le comble de l’injustice, c’est d’appuyer des actes irréguliers du suffrage apparent du prince, pour forcer, par le respect, les opprimés au silence.
- Justice punit petits cas.
- Le public est si malin qu’il rend moins volontiers justice aux vivants qu’aux morts, et que souvent il n’élève les morts que pour rabaisser les vivants.
- Tant que la justice n’a pas tranché, cette folle du logis qu’est l’imagination doit rester dans son coin.
- Lorsque les pouvoirs législatif et exécutif sont unis dans la même personne ou dans le même corps de magistrats, il ne peut y avoir de liberté; parce que des appréhensions peuvent survenir, de peur que le même monarque ou sénat n’édicte des lois tyranniques, pour les exécuter de manière tyrannique.
- Qui met vraiment en danger les institutions ? (...) La justice qui demande des comptes aux hommes politiques, ou ceux qui sont censés en être les garants et qui refusent de témoigner alors qu’ils sont soupçonnés dans des affaires de corruption ?
- Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d’Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
- La généralité carcérale, en jouant dans toute l’épaisseur du corps social et en mêlant sans cesse l’art de rectifier au droit de punir, abaisse le niveau à partir duquel il devient naturel et acceptable d’êre puni.