Au volant, n’importe qui devient un chef, soucieux d’imposer la justice, sa justice, aux autres conducteurs... Les complexes se défoulent, les fantasmes se rentrent dedans à cent à l’heure.
Image : Au volant, n’importe qui devient un...

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- Les juges sont eux-mêmes exposés à tous les déséquilibres... Soumis au pouvoir exécutif, ils réduiraient la justice à être une auxiliaire de la police; dressés contre lui; ils transformeraient la séparation des pouvoirs en conflit des pouvoirs...
- Si tous ceux qui font le serment de dire la vérité observaient leur serment, il n’y aurait plus de procès, plus d’avocat, plus de juge; les palais de justice seraient déserts, car qu’est-ce qu’on viendrait y faire ?
- La politique fait entre les princes ce que les tribunaux de la justice font entre les particuliers : plusieurs faibles, ligués contre un puissant, lui imposent la nécessité de modérer son ambition et ses violences.
- La parité se trouve de plus en plus bafouée au fil des séries policières où, désormais, les femmes assurent l’ordre et rendent la justice tandis que les hommes héritent des rôles de petits malfrats.
- Tout le monde manipule tout le monde et c’est ce qui rend la politique dangereuse et passionnante à la fois.
- À mesure que quelqu’un s’abandonne aux événements, il s’amoindrit de plus en plus. C’est pourquoi de grands politiciens peuvent devenir des hommes tout à fait vides alors qu’ils étaient autrefois riches et pleins de talents.
- En politique, vivre dans l’oisiveté c’est comme conduire le char de l’Etat en appuyant sur le frein. Ca ne mène jamais bien loin.
- Pour cela il fault que puissance et fortune soyent concurrentes en un, avec justice et prudence.
- La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s’envoler toute pensée inutile, donc toute perte de temps !
- Il faut toujours concevoir comment, dans toutes les dynamiques, on est dominants quelque part, et comment on doit se remettre en question soi-même. Refuser de voir cela, c’est s’accrocher à un pouvoir morbide.
- Un pouvoir engagé dans la route sanglante de l’injustice ressent la crainte qu’il inspire, éprouve la haine qu’il excite : c’est une pente funeste et glissante où l’on ne peut ni s’arrêter ni reculer.
- Planifier, structurer. Mots de notre temps et qui viennent à la bouche de ceux qui ne font rien sans d’infinies précautions préalables. Peur du risque, de l’aventure, du combat, de la vie.
- L’homme est conduit, lorsqu’il croit se conduire, et pendant que par son esprit il vise à un endroit, son coeur l’achemine insensiblement à un autre.
- Les hommes d’État vivent au jour le jour, tous les événements les surprennent, et les problèmes qu’ils s’efforcent de résoudre sont ceux de la veille ou de l’avant-veille, qu’ils n’ont d’ailleurs pas encore compris.
- Savoir se retirer à temps indique déjà une grande clairvoyance mais conserver l’estime de ses amis et de ses rivaux quand on est plus au pouvoir, c’est à ce signe qu’on reconnaît les gens dignes de gérer votre destin.