Lorsque les pouvoirs législatif et exécutif sont unis dans la même personne ou dans le même corps de magistrats, il ne peut y avoir de liberté; parce que des appréhensions peuvent survenir, de peur que le même monarque ou sénat n’édicte des lois tyranniques, pour les exécuter de manière tyrannique.
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- Le partage des biens, les lois sur ce partage, les successions après la mort de celui qui a eu ce partage : tout cela ne peut avoir été réglé que par la société, et par conséquent par des lois politiques ou civiles.
- Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice.
- Il n’y a rien de si puissant qu’une république où l’on observe les lois non par crainte mais par passion comme le fit Rome.
- Les lois et les censures compromettent la liberté de pensée bien moins que ne le fait la peur. Toute divergence d’opinion devient suspecte et seuls quelques très rares esprits ne se forcent pas à penser et juger comme il faut.
- Le magistrat est la loi vivante. Car la loi en soi ne porte que les commandements ou défenses qui seraient illusoires si la peine et le magistrat ne leur donnaient une sanction. La force du commandement gît en la contrainte.
- La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre; il n’y a point de milieu.
- La question des libertés ne saurait se résoudre en termes de droits ou de morale. Elle est avant tout une question politique.
- Les juges sont eux-mêmes exposés à tous les déséquilibres... Soumis au pouvoir exécutif, ils réduiraient la justice à être une auxiliaire de la police; dressés contre lui; ils transformeraient la séparation des pouvoirs en conflit des pouvoirs...
- Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait se gouverner lui-même, comment pourra-t-il gouverner les autres ?
- Commençons par rappeler que l’état est un système au moyen duquel s’exerce la force de coercition. Les factions au sein d’un état peuvent se disputer l’adhésion des gens, donnant lieu à des phénomènes démocratiques de surface, mais le soubassement d’un état est l’application - et l’évitement - systématique de la violence.
- Qui met vraiment en danger les institutions ? (...) La justice qui demande des comptes aux hommes politiques, ou ceux qui sont censés en être les garants et qui refusent de témoigner alors qu’ils sont soupçonnés dans des affaires de corruption ?
- Chacun est son propre souverain, non de par la loi, mais de par les moeurs. Souveraineté si entière et si mêlée à la vie qu’on ne la sent, pour ainsi dire, plus.
- La politique fait entre les princes ce que les tribunaux de la justice font entre les particuliers : plusieurs faibles, ligués contre un puissant, lui imposent la nécessité de modérer son ambition et ses violences.
- La liberté n’est pas dans une indépendance rêvée à l’égard des lois de la nature, mais dans la connaissance de ces lois et dans la possibilité donnée par là même de les mettre en oeuvre méthodiquement pour des fins déterminées.
- La moralité ne peut pas être légiférée, mais le comportement peut être réglementé. Les décrets judiciaires peuvent ne pas changer le coeur, mais ils peuvent retenir les sans-coeur.