Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code morale qui le glorifie.
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- Pour certaines natures, l’existence de tous les jours est un effort au-dessus de leurs moyens. Ou plutôt je crois qu’elles ont été créées pour trouver place dans une organisation sociale et morale qui ne serait pas celle d’ici-bas.
- Une loi n’est pas toujours obligatoire; elle peut toujours être changée par une autre loi : contrairement à cela, la morale est permanente; elle a sa force en elle même, parce qu’elle vient de l’ordre immuable; elle seule peut donc donner la durée.
- L’excès des impôts conduit à la subversion de la justice, à la détérioration de la morale, à la destruction de la liberté individuelle.
- C’est l’idée morale des choses qui nous effraye; un serpent nous fait horreur dans la nature, et les boudoirs de jolies femmes sont remplis d’ornements de ce genre : tous les animaux en pierre que nous ont laissés les Égyptiens, des crapauds, etc.
- Une société malade est une société qui crée de l’hostilité mutuelle, de la méfiance, et qui transforme l’homme en un instrument exploité par les autres, qui le prive du sentiment d’avoir de la valeur, sauf dans la mesure où il se soumet aux autres et devient un automate.
- Dans une civilisation aussi matérialiste, fondée non pas sur l’individu, mais sur la propriété, il est inévitable que cette dernière soit mieux défendue que la personne humaine, et que les crimes contre la propriété soient stigmatisés de façon plus exemplaire que ceux commis contre l’homme.
- La généralité carcérale, en jouant dans toute l’épaisseur du corps social et en mêlant sans cesse l’art de rectifier au droit de punir, abaisse le niveau à partir duquel il devient naturel et acceptable d’êre puni.
- Dans une société juste, les prisons n’existeraient plus. C’est un suicide pour la société que de créer des monstres pour ensuite les relâcher dans le monde.
- La vénalité des hommes, c’est comme la charité du bon Dieu. C’est notre seule sauvegarde. Tant qu’elle existera, il y aura des jugements cléments et les innocents eux-mêmes auront des chances de s’en tirer au tribunal.
- La corruption fleurit. Le gouffre séparant les riches et les pauvres va s’approfondissant. Alors que certains meurent de faim, d’autres considèrent le gaspillage comme une habitude, voire un devoir social.
- A l’ulcère du monde, il y a une grande cause générale : c’est l’asservissement au passé, le préjugé séculaire qui empêche de tout refaire proprement selon la raison et la morale.
- Si nous acceptions, vous ou moi, la responsabilité morale de ce que nous avons accompli au cours de notre existence, nous en mourrions ou nous deviendrions fous. Les êtres vivants ne sont pas construits pour comprendre ce qu’ils font.
- Le plaisir donné est bien plus grand que le plaisir reçu. Il en peut être autrement chez beaucoup d’hommes : mais qui jamais s’avisera, en amour, de parler pour cette populace que notre morale cessera peut-être de produire ?
- Dans cet univers qui se caractérise par un haut degré de cynisme, on parle beaucoup de morale. En tant que sociologique, je sais que la morale n’est efficace que si elle s’appuie sur des structures, des mécanismes qui font que les gens ont un intérêt à la morale.
- La raison pure est pratique par elle seule et donne à l’homme une loi universelle que nous nommons la loi morale.