Une société malade est une société qui crée de l’hostilité mutuelle, de la méfiance, et qui transforme l’homme en un instrument exploité par les autres, qui le prive du sentiment d’avoir de la valeur, sauf dans la mesure où il se soumet aux autres et devient un automate.
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- Si nous pouvions en économie politique, laisser de côté cette terminologie damnée de la valeur, de la richesse, du revenu, du capital, mots si gros de vie latente mais si corrompus par le péché originel !
- Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code morale qui le glorifie.
- Une société saine combat nécessairement l’individualisme. Elle cherche l’excellence, et ceci est incompatible avec l’individualisme.
- Une société qui trouve naturel d’étouffer autant d’énergies intellectuelles féminines avec les tâches domestiques et l’éducation des enfants, est sa propre ennemie et ne s’en aperçoit même pas.
- La société où vous vivez a pour but de vous détruire. Vous en avez autant à son service. L’arme qu’elle emploie est l’indifférence. Vous ne pouvez pas vous permettre d’adopter la même attitude. Passez à l’attaque.
- Crois-nous. Nous ne sommes pas malades, nous sommes sains. C’est le monde qui est malade - malade de chimie et d’efficacité, d’humilité et de bonne volonté.
- On n’a rien compris à la maladie, tant qu’on n’a pas reconnu son étrange ressemblance avec la guerre et l’amour : ses compromis, ses feintes, ses exigences, ce bizarre et unique amalgame produit par le mélange d’un tempérament et d’un mal.
- Pour certaines natures, l’existence de tous les jours est un effort au-dessus de leurs moyens. Ou plutôt je crois qu’elles ont été créées pour trouver place dans une organisation sociale et morale qui ne serait pas celle d’ici-bas.
- La société dans laquelle nous sommes nés repose sur l’égoïsme. Les sociologues nomment cela l’individualisme alors qu’il y a un mot plus simple : nous vivons dans la société de la solitude.
- Ce qui tuera l’ancienne société, ce ne sera ni la philosophie, ni la science. Elle ne périra pas par les grandes et nobles attaques de la pensée, mais tout bonnement par le bas poison, le sublimé corrosif de l’esprit français : la blague.
- La moralité est une création sociale, qui s’est agglomérée au cours des âges. Mais le nourrisson deviendra un sauvage si on ne l’éduque, si on ne lui donne un certain vernis de cette moralité abstraite qui s’est accumulée le long des siècles.
- Une société où tout ce qui n’a pas un prix, un tarif, n’a pas de valeur et où l’indispensable - comme la nourriture - est banalisé donne à l’argent un pouvoir totalitaire sur cette société.
- La vie sociale consiste à détruire ce qui lui donne son arôme.
- Une folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Elle traîne à sa suite les misères individuelles et sociales qui torturent l’humanité. Cette folie est l’amour du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales.