Une folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Elle traîne à sa suite les misères individuelles et sociales qui torturent l’humanité. Cette folie est l’amour du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales.
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- Une étrange folie possède les classes ouvrières. Cette folie est l’amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture.
- Le travail, désormais, décide dans le monde. La guerre elle-même pose, avant tout, des problèmes industriels, des problèmes dont l’industrie décide seule.
- Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d’un effort qui ne mène qu’à des accomplissements sans valeur — voilà une chose révoltante et incompréhensible.
- Le travail est partout et la souffrance partout : seulement il y a des travaux stériles et des travaux féconds, des souffrances infâmes et des souffrances glorieuses.
- L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions.
- Le capitalisme est un être particulièrement rusé doté d’un tas de qualités dont la plus remarquable à mes yeux est un manque absolu de vergogne.
- Des masses corrompues par une fausse culture peuvent sentir dans le destin qui les accable le poids du drame; elles se complaisent dans l’étalage du drame, et poussent ce sentiment jusqu’à mettre du drame jusque dans les plus petits incidents de leur vie.
- Nous devons être convaincus, les uns et les autres, que ce contraste permanent entre la prospérité de quelques-uns et la misère du plus grand nombre a créé le sentiment d’injustice et de colère sur lequel est fondée la révolte actuelle.
- Et si la folie n’était qu’une révolte contre ce qui offense l’humanité ?
- Une société malade est une société qui crée de l’hostilité mutuelle, de la méfiance, et qui transforme l’homme en un instrument exploité par les autres, qui le prive du sentiment d’avoir de la valeur, sauf dans la mesure où il se soumet aux autres et devient un automate.
- La folie consiste à trouver normal le fonctionnement de notre société. Pas à essayer de l’améliorer.
- Le problème de la civilisation, tel qu’il se pose depuis que l’humanité a pris connaissance d’elle-même, est précisément de substituer aux énergies animales des forces disciplinées, harmonieuses, spiritualisées, de transformer les fanatismes et les idolâtries sauvages en certitudes fondées sur la raison, en convictions fondées sur les exigences de la conscience personnelle.
- Tu es un bon camarade et tes idées sont saines. Mais le drame dans tout ça, c’est que tu ne pourras plus trouver de travail nulle part désormais. Ces bourgeois vont conspirer pour te faire crever de faim. C’est leur façon de faire. N’attends aucune pitié des riches.
- C’est fou ce que les hommes ont le goût du travail inutile, du plaisir imbécile, comme ils aiment s’entourer de signes qui prolongent leur enfance, peut-être la seule période rassurante de leur vie.
- Si la masse était émotive, il n’y aurait plus de guerres, plus de boucheries. Les moments émus de la masse tournent vite à l’hystérie, à la sauvagerie, au pillage, au sacrifice.