Thérèse n’était pas mère, – inexplicablement dénuée de cet instinct qui permet aux autres femmes de transférer leur propre vie dans les êtres qu’elles ont mis au monde.
Poète, 1885-1970Thérèse n’était pas mère, – inexplicablement dénuée de cet instinct qui permet aux autres femmes de transférer leur propre vie dans les êtres qu’elles ont mis au monde.
Poète, 1885-1970Partager sur
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La Fin de la nuit
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La femme pouvant être mère, on en a déduit qu’elle devait l’être… Et ne trouver son bonheur que dans la maternité.
Il ne lui vint pas à l’esprit qu’elle agissait beaucoup moins comme une mère que comme un amant qui, à l’improviste, découvre une preuve d’infidélité, et se venge.
Il n’y a pas 2 façons de vivre sa maternité, mais une infinité qui dépend étroitement de l’histoire personnelle et culturelle de chaque femme.
Sans enfant, pas de bonheur féminin, mais élever des gamins dans des conditions décentes sera quasi impossible. Il faut, de toutes façons, que les femmes se sentent en échec.
Entre une femme qui est convaincue d’être unique, et les femmes qui ont revêtu le linceul de l’universelle destinée féminine, il n’y a pas de conciliation possible.
Pourtant si, c’est une femme, une femme sans courage, un enfant sans raison qu’il ne faut plus jamais laisser seul.
Mme D’Urberville n’était pas la première femme obligée d’aimer son enfant à contrecoeur et de lui être amèrement attachée.
Il y a des femmes qui ont passé leur vie à se donner, et sans avoir, peut-être, un seul amant. Quand elles croyaient céder à l’homme, elles ne faisaient que subir l’occasion.
L’absence de la mère vide le monde, son omniprésence le supprime.
Elle se mariait donc, maudite de ses parents. Rejetée, excommuniée, le herem était sur elle. Impure, sale, reniée par les siens. Et elle avait fait le choix de ne pas suivre ses parents, la tradition ancestrale.

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