La terre, sous mes pieds, n’est qu’un immense journal déplié. Parfois une photographie passe, c’est une curiosité quelconque et des fleurs monte uniformément l’odeur, la bonne odeur de l’encre d’imprimerie.
Écrivain, 1896-1966La terre, sous mes pieds, n’est qu’un immense journal déplié. Parfois une photographie passe, c’est une curiosité quelconque et des fleurs monte uniformément l’odeur, la bonne odeur de l’encre d’imprimerie.
Écrivain, 1896-1966Partager sur
Source vérifiée
Manifestes Du Surréalisme (FR) (1924) (1924)
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Ecrire est une navigation sur la terre ferme, la page blanche est une voile qu’on hisse ; les mots, un sillage qui s’efface.
Ce qui me surprend toujours, c’est qu’on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu’elle soit.
Un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème. (…) L’art peut mourir, ce qui compte, c’est qu’il ait répandu des germes sur la terre.
C’est seulement en vieillissant que l’on s’aperçoit que la beauté est rare, que l’on comprend le miracle que constitue l’épanouissement d’une fleur au milieu des ruines et des canons, la survie des œuvres littéraires au milieu des journaux et des cotes boursières.
Le monde est irrégulièrement semé de dispositions régulières. Les cristaux en sont ; les fleurs, les feuilles ; maints ornements de stries, de taches sur les fourrures, les ailes, les coquilles des animaux, les traces du vent sur les sables et sur les eaux.
Le matin, chaque grande herbe porte une toile d’araignée comme une petite voile. Le soleil paraît, et tout sombre.
J’irais chercher dans la forêt de Maidières, le « jolibois », cet arbrisseau qui fleurit déjà quand les noisetiers n’ont pas de chatons et que les hêtres n’ont pas encore de bourgeons, tout rouge avec des fleurs petites.
Je l’ai attendue. Le silence se couvrait, hâtait les progrès de l’ombre. Je revoyais des hivers perdus et les brouillards qui avaient bleui la terre. Sous les ciels gris, les ruisseaux emportaient, avec un grand bruit d’argent, une moisson de fleurs.
Enfin, quand j’ai pris le temps de regarder au cœur d’une fleur, cela a ouvert un tout nouveau monde ; un monde où chaque marche à pied serait une aventure, où chaque jardin deviendrait un jardin enchanté.
Les regards dans les rênes du coursier, délivrant le bercement des palmes de mon sang, je découvre soudain le raisin des façades couchées sur le soleil, fourrure du drapeau des détroits insensibles.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.