Si nous saluons avec respect l’homme qui a versé son sang sur un champ de bataille, nous nous moquons de celui qui use lentement le feu de sa vie à dire les mêmes paroles à des enfants du même âge.
Image : Si nous saluons avec respect l’homme...

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- Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants. Ah ! Mon ami, ne vous mariez pas, n’ayez pas d’enfants ! Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort. Vous les faites entrer dans le monde, ils vous en chassent.
- La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L’infini n’est-il pas le secret des grandes mélancolies ?
- Le remords, cette vertu des faibles, ne l’atteignait pas. Le remords est une impuissance, il recommencera sa faute. Le repentir seul est une force, il termine tout.
- Mais nos histoires, celle de Wade et la mienne, retracent la vie de garçons et d’hommes telle qu’elle existe depuis des millénaires, celles de garçons, battus par leur père et dont la capacité d’amour et de confiance a été mutilée presque à la naissance.
- Je guette ton souffle, ma main t’effleure. Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.
- Quand on a donné la vie à un enfant, on est devant lui comme un débiteur devant son créancier.
- Quelle absurdité de parler de l’ignorance des jeunes gens ! Les seuls hommes dont j’écoute les opinions avec respect sont ceux qui sont plus jeunes que moi. Ils me paraissent marcher devant moi. La vie leur a révélé ses dernières merveilles.
- Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.
- Digne d’envie, celui qui, béni dans ses enfants, ne s’est pas en eux préparé des calamités singulières !
- Lever la main sur son père, disaient les vieilles gens. Lever la parole sur son père, dirons-nous, et simplement lever la pensée. Tout père sur qui son fils lève la main est coupable d’avoir fait un fils qui levât la main sur lui.
- Le pouvoir qu’a un enfant inconscient de rejeter. De survivre. C’est ainsi qu’une génération en enfonce une autre dans la terre. La réduit en os, en poussière. L’enfouit dans l’oubli. Avec un sourire cruel.
- Il y a quelque chose de puéril dans la mélancolie, on veut punir la vie parce qu’on estime qu’elle nous a punis, on est comme ces enfants qui boudent et bientôt ne savent plus sortir de leur bouderie.
- Je ne t’étouffe pas... Je ne te tue pas... Je te caresse. Je t’appelle à la vie. De cette masse fraternelle que j’ai à peine vue dans mon éblouissement, je forme mon frère avec tous ses détails.
- On plaint le jeune homme qui s’est suicidé, on l’admire, mais on ne l’imite pas. Et, cependant, lui, a trouvé très naturel de se donner la mort, ne jugeant rien sur la terre capable de le contenter, et aspirant plus haut.
- Pendant la vie de certains grands, on ajoute souvent foi aux discours des flatteurs; mais, après leur mort, on interprète le silence des gens de bien.