Mais nos histoires, celle de Wade et la mienne, retracent la vie de garçons et d’hommes telle qu’elle existe depuis des millénaires, celles de garçons, battus par leur père et dont la capacité d’amour et de confiance a été mutilée presque à la naissance.
Image : Mais nos histoires, celle de Wade...

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- Et je me demande ce que nos descendants penseront des hommes que nous avons été. Quelle image ils se feront de cette époque où la vie, comme une vague, s’est retirée du monde.
- Ma vie avait fait fausse route et mon contact avec les hommes n’était plus qu’un monologue intérieur. J’étais descendu si bas que si j’avais eu à choisir entre tomber amoureux et lire un bon livre sur l’amour j’aurais choisi le livre.
- La tragédie de l’amour tient à ce qu’il n’échappe pas à la dimension temporelle. Quand on partage la vie d’un être aimé, il y a une cruauté toute spéciale à constater combien nos anciennes amours nous sont devenues indifférentes.
- Les enfants s’aiment comme des amants, nous ignorons leurs petits drames dans le courant de notre vie d’adulte.
- La naissance et la mort d’un amour s’accomplissent peut-être toujours de la même façon, de même que les enfants et les vieillards se ressemblent entre eux, dans l’intervalle, il doit y avoir un jardin ou un désert; certains y hurlent, d’autres y chantent.
- Si nous saluons avec respect l’homme qui a versé son sang sur un champ de bataille, nous nous moquons de celui qui use lentement le feu de sa vie à dire les mêmes paroles à des enfants du même âge.
- Que l’on ait quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante-quinze ans, c’était toujours la même histoire : cette putain de maladie d’amour qui dévastait tout sur son passage, ces moments de bonheur si fugaces qui exigeaient un prix exorbitant à payer...
- Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.
- Le premier amour est une seconde enfance jetée à travers nos jours de peine et de labeur.
- La vérité était que la vie nous avait jetés aux orties, l’un et l’autre, et c’est toujours ce qu’on appelle une rencontre.
- Piètre mémoire, présence chancelante au monde, qui m’interdit de témoignage. D’où mon appétit de romancier, sans doute : l’imagination affamée de souvenirs s’acharne à recomposer la vie sur esquisses.
- Ce sont les histoires qui donnent de la saveur à la vie.
- On vit, toute sa vie, sur les émotions, les sensations de ses vingt premières années. Ce sont les seules qui comptent. Les seules importantes, parce qu’elles te façonnent. Tu peux t’arrêter de vivre à vingt ans et avoir fait le plein de ta vie.
- Les mots d’amour que je murmurais retrouvaient leur enfance, comme s’ils venaient de naître et que rien encore ne leur était arrivé.
- Rester fidèle à un ancien amour, c’est parfois le secret de toute une vie.