On plaint le jeune homme qui s’est suicidé, on l’admire, mais on ne l’imite pas. Et, cependant, lui, a trouvé très naturel de se donner la mort, ne jugeant rien sur la terre capable de le contenter, et aspirant plus haut.
Écrivain, 1846-1870On plaint le jeune homme qui s’est suicidé, on l’admire, mais on ne l’imite pas. Et, cependant, lui, a trouvé très naturel de se donner la mort, ne jugeant rien sur la terre capable de le contenter, et aspirant plus haut.
Écrivain, 1846-1870Partager sur
Source vérifiée
Les Chants de Maldoror (World Classics (Paperback))
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Ne pouvant plus supporter l’idée de la mort, il se tue.
Le courage de la mort lui gonfla l’âme.
Ce n’est pas que le suicide soit toujours de la folie. On dit qu’il y a des occasions où un sage peut prendre ce parti ; mais, en général, ce n’est pas dans un accès de raison qu’on se tue.
Peut-être qu’il est doux d’être mort. Il ne l’est pas assurément de mourir.
Il faut se suicider jeune quand on veut profiter de la mort.
Se suicider constitue la pire des ingratitudes. Se suicider, c’est se reconnaître incapable d’assumer le cadeau de la vie.
Un homme qui réussit son suicide est beau au-delà de la mort car il s’est mesuré à Dieu, en choisissant son heure, et a eu le dernier mot.
Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.
Un véritable homme de lettres, à la pensée de sa mort, est triste moins de mourir que de ne pouvoir concevoir sur la mort ne fût-ce qu’une seule pensée originale.
Enfermé dans la souffrance, isolé dans le plaisir, solitaire dans la mort, l’homme est condamné, par sa condition même, à ne jamais satisfaire un désir de communication auquel il ne saurait renoncer.

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