II faut toujours s’intoxiquer : ce pays a l’opium, l’Islam le haschisch, l’Occident la femme. Peut-être l’amour est-il surtout le moyen qu’emploie l’Occidental pour s’affranchir de sa condition d’ homme.
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- Seulement pour parler d’amour aux amoureux, il faut avoir été amoureux, il ne faut pas avoir fait une enquête sur l’amour. La force d’un penseur n’est ni dans son approbation ni dans sa protestation, mon bon ami, elle est dans l’explication.
- L’amour, cet opium des femmes. Ce narcotique bon marché avec lequel on endormait depuis des siècles nos velléités d’indépendance.
- Dans le monde moderne cependant, l’amour a un autre ennemi plus redoutable que la religion, c’est l’évangile du travail et de prospérité économique.
- Mais, hélas ! De l’amour ignorons-nous l’empire ?
- Les nations étrangères nous raillent agréablement de notre amour pour la gloire, comme si chez un peuple qui, depuis plus de dix siècles, a donné tant à faire à l’histoire, aimer la gloire n’était pas tout simplement se respecter soi-même !
- Ce qui exalte le lyrisme occidental, ce n’est pas le plaisir des sens, ni la paix féconde du couple. C’est moins l’amour comblé que la passion d’amour. Et passion signifie souffrance.
- Les rapports humains sont souvent désastreux, car la grande majorité des hommes ne comprend qu’entrer dans le cœur d’une personne, n’est pas une conquête mais une opportunité extraordinaire.
- La seule prison des femmes, c’est l’amour. Elles seront toujours victimes de leur sentimentalisme. Un siècle de combats n’a rien pu faire contre cette faiblesse chronique.
- Tenez, je vais faire une comparaison bien vulgaire. Pourquoi beaucoup de femmes prennent-elles pour amants des hommes qui ne valent pas leurs maris ?... Parce que le plus grand charme de l’amour est l’attrait affriandant du fruit défendu.
- La culture est parfois folie, ou inclut la folie. Peut-être que c’est l’absence d’amour qui m’a incitée au voyage. Peut-être que c’est un amour excessif et débordant. Peut-être que c’est la folie.
- L’amour c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et saoûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.
- Pour une femme qui n’est ni hollandaise, ni anglaise, ni belge, ni d’aucun pays marécageux, l’amour est un prétexte à la souffrance, un emploi des forces surabondantes de son imagination et de ses nerfs.
- L’amour, c’est le goût de la prostitution. Il n’est même pas de plaisir noble qui ne puisse être ramené à la prostitution. Dans un spectacle, dans un bal, chacun jouit de tous.
- L’amour tel que notre culture l’a façonné, s’avance entre deux abîmes : celui du désir errant et celui d’une volonté hypocrite de constance - caricature rigoriste de la fidélité.