Mais, hélas ! De l’amour ignorons-nous l’empire ?
Poète, 1639-1699Mais, hélas ! De l’amour ignorons-nous l’empire ?
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Bajazet (1672)
… que pour une rivale? Mais peut-être qu’aussi, trop prompte à m’affliger, J’observe de trop près un chagrin passager: J’impute à son amour l’effet de son caprice. N’eût-il pas jusqu’au bout conduit son artifice? Prêt à voir le succès de son déguisement, Quoi! ne pouvait-il pas feindre encore un moment? Non, non, rassurons-nous: trop d’amour m’intimide. Et pourquoi dans son cœur redouter Atalide? Quel serait son dessein? Qu’a-t-elle fait pour lui? Qui de nous deux enfin le couronne aujourd’hui?Mais, hélas! de l’amour ignorons-nous l’empire?Si par quelque autre charme Atalide l’attire, Qu’importe qu’il nous doive et le sceptre et le jour? Les bienfaits dans un cœur balancent-ils l’amour? Et sans chercher plus loin, quand l’ingrat me sut plaire, Ai-je mieux reconnu les bontés de son frère? Ah! si d’une autre chaîne il n’était point lié, L’offre de mon hymen l’eût-il tant effrayé? N’eût-il pas sans regret secondé mon envie? L’eût-il refusé, même aux dépens de sa vie? Que de justes raisons… Mais qui vient me parler? Que veut-on?
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Ne nous lassons pas de prêcher l’amour ; c’est la force qui vaincra le monde.
On aime l’humanité pour ne pas avoir à aimer les êtres.
Ce que nous faisons de plus sérieux sur cette terre c’est d’aimer, le reste ne compte guère.
L’amour est tout, – l’amour, et la vie au soleil. Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ? Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? Faites-vous de ce monde un songe sans réveil.
Si on aime les gens seulement quand ils se comportent conformément à nos idéaux, ce n’est pas de l’amour.
L’amour n’est qu’une convention fortuite, plus ou moins durable, et dans laquelle le passé surtout garde tous ses droits.
Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer,
On n’aime point, seigneur, si l’on ne veut aimer.
Qu’il est cruel d’aimer alors qu’on est séparé de l’être qu’on aime !
Là où l’amour règne, il n’y a pas volonté de puissance et là où domine la puissance, manque l’amour. L’un est l’ombre de l’autre.
Ah lâche ! Fais l’amour, et renonce à l’Empire.
Au bout de l’univers va, cours te confiner,
Et fais place à des cœurs plus dignes de régner.

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