Je suis l’Empire à la fin de la décadence,
Qui regarde passer les grands Barbares blancs
En composant des acrostiches indolents
D’un style d’or où la langueur du soleil danse.
Écrivain, 1844-1896Je suis l’Empire à la fin de la décadence,
Qui regarde passer les grands Barbares blancs
En composant des acrostiches indolents
D’un style d’or où la langueur du soleil danse.
Écrivain, 1844-1896Partager sur
Source vérifiée
Jadis et naguère (1884), Langueur
Je suis l’Empire à la fin de la décadence, Qui regarde passer les grands Barbares blancs En composant des acrostiches indolents D’un style d’or où la langueur du soleil danse.L’âme seulette a mal au cœur d’un ennui dense. Là-bas on dit qu’il est de longs combats sanglants. Ô n’y pouvoir, étant si faible aux vœux si lents, Ô n’y vouloir fleurir un peu de cette existence! Ô n’y vouloir, ô n’y pouvoir mourir un peu! Ah! tout est bu! …
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Doux agneau qui de ton sang as marqué le chemin Flambeau qui brille aussi pour éclairer ma route…
Je viens du pays des dieux, répliqua-t-il, le visage soudain illuminé. D’Argentine. Là où le soleil est une orange géante et où le ciel est si vaste qu’il est un reflet du paradis.
J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur, j’habite un long silence, j’habite un voyage de mille ans, j’habite une guerre de trois cent ans, j’habite un culte désaffecté.
Avec l’aide du Ciel, j’ai conquis pour vous un immense empire. Mais ma vie a été trop courte pour réaliser la conquête du monde. Cette tâche vous est laissée.
Je suis serein comme du marbre rose…
Les ans, comme de grands bœufs noirs, foulent le monde. Dieu, leur gardien, les pousse de son aiguillon, et moi, leurs sabots m’ont meurtrie au passage.
Quelques uns les tordans à force, et les tirans, comme l’on dit, par les cheveux, en expositions allegoriques…
Des sacrifices humains encore et toujours ! Des amusements barbares ! Nous savons que les Barbares ont un art. Faisons-en un autre.
L’éternité comme une immense coquille d’œuf m’entoure de tous côtés et voici que la liberté, belle lionne, se métamorphose à son gré.
Si le soleil ne s’éteint pas sur mes Etats, c’est que mon règne est d’un seul jour.

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