Biographie courte et informations sur Marguerite Yourcenar
Marguerite Yourcenar est née en 1903 à Bruxelles. Sa mère est morte quand elle est née. Elle a grandi avec son père et sa grand-mère. Quand elle était enfant, elle a beaucoup voyagé en Europe. En 1929, elle a écrit son premier livre. Après, elle a vécu dans plusieurs villes comme Paris, Athènes et Bruxelles. En 1939, elle est partie aux États-Unis avec sa compagne, Grace Frick. En 1950, elles ont habité dans le Maine. En 1947, Marguerite est devenue citoyenne américaine. Elle a enseigné la littérature. Elle a aussi traduit beaucoup de livres. En 1980, elle est devenue la première femme à entrer à l’Académie française. Elle est morte en 1987 dans le Maine.
- Tout ce qui est beau s’éclaire de Dieu.
- Les autres voient notre présence, nos gestes, la façon dont les mots se forment sur nos lèvres; seuls, nous voyons notre vie. Cela est étrange : nous la voyons, nous nous étonnons qu’elle soit ainsi, et nous ne pouvons la changer.
- Des moments libres. Toute vie bien réglée a les siens, et qui ne sait pas les provoquer ne sait pas vivre.
- Très peu d’hommes et de femmes existent par eux-mêmes, ont le courage de dire oui ou non par eux-mêmes.
- Il n’y a pas d’amour malheureux : on ne possède que ce qu’on ne possède pas. Il n’y a pas d’amour heureux : ce qu’on possède, on ne le possède plus.
- Le courage consiste à donner raison aux choses quand nous ne pouvons les changer.
- On ne voit pas deux fois le même cerisier, ni la même lune découpant un pin. Tout moment est dernier, parce qu’il est unique. Chez le voyageur cette perception s’aiguise par l’absence des routines fallacieusement rassurantes propres au sédentaire, qui font croire que l’existence pour un temps restera ce qu’elle est.
- L’amitié est avant tout certitude, c’est ce qui la distingue de l’amour.
- On ne bâtit un bonheur que sur un fondement de désespoir. Je crois que je vais pouvoir me mettre à construire.
- La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef.
- Au plus profond, ma connaissance de moi-même est obscure, intérieure, informulée, secrète comme une complicité.
- Ce jeu mystérieux qui va de l’amour d’un corps à l’amour d’une personne m’a semblé assez beau pour lui consacrer une part de ma vie.
- Un coeur, c’est peut-être malpropre. C’est de l’ordre de la table d’anatomie et de l’étal de boucher. Je préfère ton corps.
- Il y a entre nous mieux qu’un amour, une complicité.
- On arrive vierge à tous les événements de la vie. J’ai peur de ne pas savoir m’y prendre avec ma Douleur.
- Je ne savais pas que la douleur contient d’étranges labyrinthes, où je n’avais pas fini de marcher.
- On n’a rien compris à la maladie, tant qu’on n’a pas reconnu son étrange ressemblance avec la guerre et l’amour : ses compromis, ses feintes, ses exigences, ce bizarre et unique amalgame produit par le mélange d’un tempérament et d’un mal.
- On parle souvent des rêves de la jeunesse. On oublie trop ses calculs.
- Mariage qui n’est pas une union, ni même un contact, mais qui est un rite, et sacré comme tel.
- Tâchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts.
- La paix était mon but, mais point du tout mon idole : le mot même idéal me déplairait comme trop éloigné du réel.
- Manger un fruit, c’est faire entrer en soi un bel objet vivant, étranger, nourri et favorisé comme nous par la terre; c’est consommer un sacrifice où nous nous préférons aux choses.
- Il y a une jouissance à savoir qu’on est pauvre, qu’on est seul et que personne ne songe à nous. Cela simplifie la vie.
- L’amour est un feu qui brûle tout sauf lui-même.
- L’amour est la seule réponse à la solitude.
- Je ne veux pas dire que la guerre est indispensable, mais que la paix est très rarement possible.
- Il m’a toujours semblé que la musique ne devrait être que le trop-plein d’un grand silence.
- La musique m’a toujours paru à la fois un spécifique et une fête.
- La plupart des hommes qui comptent dans l’histoire ont des rejetons médiocres, ou pires que tels : ils semblent épuiser en eux les ressources d’une race. La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef.
- Il est difficile de ne pas se croire supérieur, lorsqu’on souffre davantage, et la vue des gens heureux donne la nausée du bonheur.
- Je me suis toujours beaucoup méfiée de l’actualité, en littérature, en art, dans la vie. Du moins, de ce que l’on considère comme l’actualité, et qui n’est souvent que la couche la plus superficielle des choses.
- C’est une constante de ma pensée; je crois à l’énorme part de hasard en tout.
- Ce Bruxelles affairiste et mondain où la passion d’acquérir et le snobisme du nom et du titre sévissent nulle part ailleurs.
- Mais la mort changeait peu de choses à cette intimité qui depuis des années se passait de présence l’impératrice restait ce qu’elle avait toujours été pour moi : un esprit, une pensée à laquelle s’était mariée la mienne.
- Je me sentais timide, devant cet enfant qu’il fallait embrasser. Il m’inspirait, non pas de la tendresse, ni même de l’affection, mais une grande pitié, car on ne sait jamais, devant les nouveau-nés, quelle raison de pleurer leur fournira l’avenir.
- Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom.
- L’ancien jardinier s’approcha de moi et me dit à l’oreille du ton bourru et déprécatoire d’un vieux serviteur intimidé, qui n’ignore pas qu’il se fera renvoyer pour avoir transmis un message pareil.
- Rien n’empêche de supposer que le sorcier de la préhistoire, devant l’image d’un bison percé de flèches, a ressenti à de certains moments la même angoisse et la même ferveur que tel chrétien devant l’Agneau sacrifié.
- Tous nous serions transformés si nous avions le courage d’être ce que nous sommes.
- Je m’étonne que la plupart des hommes aient si peur des spectres, eux qui acceptent si facilement de parler aux morts dans leurs songes.
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