Il y a une jouissance à savoir qu’on est pauvre, qu’on est seul et que personne ne songe à nous. Cela simplifie la vie.
Poète, 1903-1987 Image : Winoksbergen Bernhard De Grendel, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Il y a une jouissance à savoir qu’on est pauvre, qu’on est seul et que personne ne songe à nous. Cela simplifie la vie.
Poète, 1903-1987 Image : Winoksbergen Bernhard De Grendel, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
Source secondaire
Alexis ou le Traité du Vain Combat (1929), p. 68
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Plus que la faim, la soif, le chômage, la souffrance d’amour, le désespoir de la défaite, le pire de tout, c’est de sentir que personne, mais absolument personne en ce monde, ne s’intéresse à nous.
La misère, c’est aussi la laideur et la conscience de l’inutilité d’être !
Après le rare bonheur de trouver une compagne qui nous soit bien assortie, l’état le moins malheureux de la vie est sans doute de vivre seul.
La plupart des gens sont enfermés dans une existence solitaire, une vie restreinte par le manque d’imagination des limites que ne connaissent pas les lecteurs.
La vie est courte. Tout peut arriver, et c’est généralement ce qui se passe, il est donc inutile de rester assis à réfléchir à tous les si et à tous les mais.
On naît seul, on meurt seul. Entre-temps, on essaie de ne pas être trop seul. Je suis aussi profondément persuadée que tout le monde « se sent » seul et est profondément malheureux de ce fait.
La vie n’a que faire des pauvres individus que nous sommes, tant que nous en produisons d’autres, semblables ou, mieux, différents.
Les pauvres sont habitués à refréner l’expression de leur désespoir, parce que la vie les attend, le travail, les nécessités de tous les jours, de toutes les heures.
C’est ce qu’il y a de si tragique, chez plein de gens : ils oublient que la vie est quelque chose de très malléable, de très flexible ; qu’au fond, c’est nous-mêmes qui choisissons nos limites et nos horizons.
On vit petitement si l’on pense petitement. On vit librement si l’on pense librement. La pensée n’est jamais sans conséquence sur notre existence, personnelle ou collective.

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