Les pauvres sont habitués à refréner l’expression de leur désespoir, parce que la vie les attend, le travail, les nécessités de tous les jours, de toutes les heures.
1903-1989Les pauvres sont habitués à refréner l’expression de leur désespoir, parce que la vie les attend, le travail, les nécessités de tous les jours, de toutes les heures.
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Maigret - 004 - Le Pendu De Saint Pholien (1931) (1931)
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La misère, c’est aussi la laideur et la conscience de l’inutilité d’être !
Les mécontents, ce sont des pauvres qui réfléchissent.
La pauvreté ne consiste pas à manquer d’argent, mais de repères.
Il faut peut-être plus de force d’âme encore pour résister à la solitude qu’à la misère ; la misère avilit, la retraite déprave.
L’homme moderne se promène à travers les pauvres, enjambe les mendiants, convaincu que son sacrifice au travail justifie son indifférence. Mieux, il arrive à se convaincre que, s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils refusent le sacrifice.
Il y a une jouissance à savoir qu’on est pauvre, qu’on est seul et que personne ne songe à nous. Cela simplifie la vie.
À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu’ils font des choses sans arrêt. À ce qu’ils rendent impossible l’entrée en eux d’un repos, d’un silence, d’un amour.
À tous se répéter que la vie est difficile, on ne fait que contribuer passivement à ce qu’elle le soit encore longtemps.
La vie n’a que faire des pauvres individus que nous sommes, tant que nous en produisons d’autres, semblables ou, mieux, différents.
La vie se passe à désirer ce qu’on n’a pas, à regretter ce qu’on n’a plus.

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