Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue.
Écrivain, 1894-1961Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue.
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Voyage au bout de la nuit
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La misère, c’est aussi la laideur et la conscience de l’inutilité d’être !
Il m’arrive de croire que la misère attire la misère et que les gens heureux évitent le malheur des autres.
Les mécontents, ce sont des pauvres qui réfléchissent.
Il vaut mieux jouir en paix de peu de chose que de posséder beaucoup dans le trouble.
Un arrangement médiocre, une paix boiteuse vaut mieux que la guerre.
On se résigne plus vite à admettre l’injustice et le crime quand ils touchent les pauvres.
L’adversité fait cesser l’envie, il est vrai, et non pas la haine. On hait toujours ses ennemis, à quelque état de faiblesse qu’ils soient réduits.
D’ailleurs souvent mieux vaut dévorer son dépit que se venger. Il faut souffrir avec patience, avec sérénité même les injures des hommes puissants.
Dommage que l’opinion publique mondiale ne soit pas près d’accepter la solution la plus simple pour établir une paix durable dans le monde : que les gentils lancent des bombes sur tous les méchants qu’ils suspectent d’en détenir aussi.
De toutes les activités auxquelles l’homme s’est jusqu’alors essayé – guerre, politique, religion, jeux violents, sadisme sans réciprocité – faire de l’argent reste socialement la moins dommageable.

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