Ce jeu mystérieux qui va de l’amour d’un corps à l’amour d’une personne m’a semblé assez beau pour lui consacrer une part de ma vie.
Poète, 1903-1987 Image : Winoksbergen Bernhard De Grendel, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Ce jeu mystérieux qui va de l’amour d’un corps à l’amour d’une personne m’a semblé assez beau pour lui consacrer une part de ma vie.
Poète, 1903-1987 Image : Winoksbergen Bernhard De Grendel, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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CEuvers Romanesques
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L’amour c’est faire semblant de s’en foutre alors qu’on ne s’en fout pas. C’est se chercher sans se trouver. Ce petit jeu, s’il est bien pratiqué, peut occuper toute une vie.
Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
L’amour que je lui portais avait autant d’évidence que le fait indubitable de ma propre existence.
Aimer, c’est avoir du plaisir à voir, toucher, sentir par tous les sens, et d’aussi près que possible un objet aimable et qui nous aime.
L’âme et le corps de qui l’on aime, merveilles changeantes et ondoyantes, sont royaumes infinis à explorer.
Comme il appartenoit à un personnage qui avoit donné de si grandes arres de l’affection qu’il portoit à son païs.
Les joueurs jouent comme les amoureux aiment, comme les ivrognes boivent, nécessairement, aveuglement, sous l’empire d’une force irrésistible. Il est des êtres voues au jeu, comme il est des êtres voués a l’amour.
Le jeu, c’est un corps-à-corps avec le destin.
Le miracle des hommes, c’est d’avoir obtenu d’une fonction un plaisir raffiné, et d’avoir créé un art d’aimer à son tour générateur de l’Amour dans l’Art.
Ce n’était plus l’espoir du succès qui me faisait agir : le besoin de voir celle que j’aimais, de jouir de sa présence, me dominait exclusivement.

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