Les vieillards ont besoin de toucher quelquefois, de leurs lèvres, le front d’une femme ou la joue d’un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la vie et éloigner un moment les menaces de la mort.
Écrivain, 1862-1949Les vieillards ont besoin de toucher quelquefois, de leurs lèvres, le front d’une femme ou la joue d’un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la vie et éloigner un moment les menaces de la mort.
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Pelléas et Mélisande (1892), acte 4
… Et c’est toi, maintenant, qui vas ouvrir la porte à l’ère nouvelle que j’entrevois… Viens ici; pourquoi restes-tu là sans répondre et sans lever les yeux? — Je ne t’ai embrassée qu’une seule fois jusqu’ici, le jour de ta venue; et cependant;les vieillards ont besoin de toucher quelquefois de leurs lèvres, le front d’une femme ou la joue d’un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la vie et éloigner un moment les menaces de la mort.As-tu peur de mes vieilles lèvres? Comme j’avais pitié de toi ces mois-ci!…
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Prenons garde que la vieillesse ne nous attache plus de rides à l’esprit qu’au visage.
La vieillesse nous attache plus de rides en l’esprit qu’au visage ; et ne se voit point d’âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l’aigre et le moisi.
Il y a des traits qu’on n’enlève pas aux gens, qu’ils portent sur eux toute leur vie, malgré la vieillesse, malgré la laideur, malgré les épreuves. Cela peut être la douceur. Ou l’enfance. Ou le malheur.
Quand on est vieux, qu’on a accompli sa tâche, on a le droit de s’approcher de la mort en silence.
Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
Quand nous sommes jeunes, nous couchons pour la vieillesse ; quand nous sommes vieux, nous épargnons pour la mort.
L’inexpérience du jeune âge a besoin d’être gouvernée par la prudence de la vieillesse.
Nous, les personnes âgées, avons souvent une sensibilité particulière pour les soins, la réflexion et l’affection. Nous sommes, ou pouvons devenir, des maîtres de la tendresse. Nous avons besoin, dans ce monde habitué à la guerre, d’une véritable révolution de la tendresse !
Dans l’œil du vieillard se trouve le chemin de la vie.
Les vieilles gens sont volontiers avares. Ils appellent cela prudence. Ils craignent que la terre ne leur manque. Et pourtant c’est la seule chose qui ne leur manquera pas.

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