La première dame : Cela existe, l’âge de raison, pour les hommes ? - Antoine : Mais oui, mais oui... Un pied dans la tombe, ils comprennent qu’ils ont été terriblement inattentifs, et qu’ils ont laissé passer le bonheur...
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- C’est quand on comprend qu’il n’y a rien à casser qu’on commence à devenir un homme. On vit très bien avec une douleur, vous verrez, une fois que la connaissance est faite. On lui découvre des subtilités, des replis. On en devient le spécialiste.
- Dieu a sans doute donné la venue lente de l’impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort...
- Fabrice : Et à ne pas faire souffrir les autres, vous me l’apprendrez aussi ? - Ornifle : C’est une science inutile. Les autres meurent de souffrir. Pourquoi se compliquer la vie et leur refuser ce plaisir ?
- Les hommes ont une mémoire terrible. Une femme, tu sais, ça oublie si bien... Le bonheur et le malheur.
- Rien ne durait éternellement, même si les hommes aimaient à le croire. Tout ce qu’on pouvait faire était de profiter des instants de bonheur, tant qu’il était encore temps.
- Tout être doué d’intelligence sait que la vie est une belle chose et que le bonheur est le but de l’existence, dit mon père en regardant ces trois jolies filles. Mais comment peut-on expliquer que seuls les imbéciles soient heureux ?
- Que l’on ait quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante-quinze ans, c’était toujours la même histoire : cette putain de maladie d’amour qui dévastait tout sur son passage, ces moments de bonheur si fugaces qui exigeaient un prix exorbitant à payer...
- Certains hommes sont ainsi. Une seule femme existe pour eux. Et si cette femme devient inaccessible, ils sont incapables de la chasser de leur souvenir. Elle demeure en eux, ne changeant pas, ne vieillissant pas.
- Quand une femme est la douceur et le trouble, l’amusement et la gravité, la nouveauté et la mémoire, le voyage et la demeure... Quel homme digne de ce nom refuse ce miracle et choisit de fuir en invoquant l’inconfort d’aimer ?
- Toutes les présences à l’oeuvre sur terre sont féminines : la mère, la tempête, la passion, la désagrégation, la maladie, la mort. Mais en face d’elles se tient... Un vieillard qui les valait toutes : le temps !
- Cette idée positive que les femmes se font du bonheur, et cette exigence qu’elles ont vis-à-vis de lui, viennent sans doute de l’état d’insatisfaction qui est leur loi.
- Les vieillards ont besoin de toucher quelquefois, de leurs lèvres, le front d’une femme ou la joue d’un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la vie et éloigner un moment les menaces de la mort.
- Combien d’hommes, au seuil de la vieillesse, camouflent en détachement, philosophique ou religieux, le ramollissement de leurs facultés et de leur volonté !
- C’est triste que les hommes finissent par trouver tout naturel d’être en vie. Un jour, nous perdons cette faculté de nous étonner et la retrouvons juste quand nous sommes sur le point de quitter ce monde.
- Ah ! Chienne de vie ! Les morts ne connaissent pas leur bonheur !