Fabrice : Et à ne pas faire souffrir les autres, vous me l’apprendrez aussi ?
Ornifle : C’est une science inutile. Les autres meurent de souffrir. Pourquoi se compliquer la vie et leur refuser ce plaisir ?
Écrivain, 1910-1987Fabrice : Et à ne pas faire souffrir les autres, vous me l’apprendrez aussi ?
Ornifle : C’est une science inutile. Les autres meurent de souffrir. Pourquoi se compliquer la vie et leur refuser ce plaisir ?
Écrivain, 1910-1987Partager sur
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Ornifle ou le courant d'air
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Il n’est pas vrai qu’il faut souffrir pour créer. Il suffit de savoir comprendre.
Comment n’êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
On peut tout dominer : la douleur, la maladie, il n’y a que la mort qui vous échappe… Et encore !
L’homme ne cherche pas avant tout le plaisir ni la souffrance, mais plutôt une raison de vivre. Voilà pourquoi l’homme est prêt à souffrir s’il le faut, mais à la condition, bien sûr, que sa souffrance ait un sens.
Toute souffrance est lâche : elle recule devant la puissance du vouloir-vivre qui est ancré plus fortement dans notre chair que toute la passion de la mort ne l’est dans notre esprit.
C’est souvent seulement par manque d’esprit créateur qu’on ne va pas assez loin dans la souffrance.
Votre vie n’est pas à vous, elle n’est pas votre bien, et celui qui vit dans l’instant comment pourrait-il déchiffrer la langue épineuse du temps ? La vie, la mort, la maladie sont de grands fauves, d’intrépides joueuses qui lancent leurs dés sans hésiter.
La souffrance d’autrui est chose qui doit s’apprendre : et jamais elle ne peut être apprise pleinement.
La vie est-elle une souffrance ou une joie ? Peu importe ; il se peut que ce ne soit point là l’essentiel…
Il faut donc choisir de deux choses l’une : ou souffrir pour se développer, ou ne pas se développer, pour ne pas souffrir. Voilà l’alternative de la vie, voilà le dilemme de la condition terrestre.

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