Combien d’hommes, au seuil de la vieillesse, camouflent en détachement, philosophique ou religieux, le ramollissement de leurs facultés et de leur volonté !
Écrivain, 1895-1972 Image : Jacques-Émile Blanche, Domaine public, Wikimedia Commons Combien d’hommes, au seuil de la vieillesse, camouflent en détachement, philosophique ou religieux, le ramollissement de leurs facultés et de leur volonté !
Écrivain, 1895-1972 Image : Jacques-Émile Blanche, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Essais
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On devrait décorer quiconque atteindrait l’âge de soixante ans. La vanité des hommes est telle, que la plupart d’entre eux, au lieu de courir la gueuse, de boire comme des trous et de faire les polichinelles, pratiqueraient la sobriété, la sagesse et la continence, dans l’espoir de devenir vieux et d’avoir la croix d’honneur.
Un homme reste toujours un homme et, bien que nonagénaire, j’ai parfois des montées de sève. (…) Elles ne voient en moi qu’un inoffensif vieux bonhomme exhibant un inoffensif vieux pénis qui a, de temps à autres, la folie des grandeurs.
Il n’y aura plus désormais que deux catégories d’hommes : les veaux et les révolutionnaires.
En cas de mariage, ça fera des réveaulutionnaires.
La première dame : Cela existe, l’âge de raison, pour les hommes ?
Antoine : Mais oui, mais oui… Un pied dans la tombe, ils comprennent qu’ils ont été terriblement inattentifs, et qu’ils ont laissé passer le bonheur…
Les temps sont durs. Les hommes ont perdu toute dignité. Le pouvoir est leur foi, au lieu que la foi soit leur pouvoir. Il n’y a plus d’homme digne de ce nom, il n’y a plus d’hommes valeureux.
La vieillesse qui est une déchéance pour les êtres ordinaires est, pour les hommes de génie, une apothéose.
Il faut se demander ce qui porte le plus gravement atteinte à l’âme des hommes d’aujourd’hui : leur passion aveuglante de l’argent ou leur hâte fébrile ?
Bien des hommes rêvaient d’être cocus, juste pour pouvoir tromper à leur tour, enfin sans culpabilité.
L’homme sage est occupé dans la dernière partie de sa vie à se guérir des folies, préjugés et fausses opinions qu’il avait contractées dans la première.
Comme je ne trouve pas de disciples capables de se tenir constamment dans le milieu juste, je cherche des hommes qui sont impétueux, ou des hommes qui ont l’amour du devoir. Les premiers sont entreprenants. Les seconds s’abstiennent de mal faire.

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