Dieu a sans doute donné la venue lente de l’impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort…
Écrivain, 1910-1987Dieu a sans doute donné la venue lente de l’impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort…
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Pieces Baroques
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Un homme qui réussit son suicide est beau au-delà de la mort car il s’est mesuré à Dieu, en choisissant son heure, et a eu le dernier mot.
Qu’on ne me parle plus de la fatalité, elle n’existe que par la veulerie des êtres. Ruses des hommes, désirs des dieux, ne tiennent pas contre la volonté et l’amour d’une femme fidèle…
Être fataliste, ce n’est pas tellement croire en Dieu. C’est bien plutôt, je pense, une sorte de lassitude, une forme du dilettantisme et un manque presque total de volonté.
Il est indigne de Dieu de se joindre à l’homme misérable ; mais il n’est pas indigne de Dieu de le tirer de sa misère.
Il me semble parfois qu’en créant l’homme Dieu ait surestimé ses possibilités.
Dieu se meurt, dieu est mort. Vive l’humanité ! Quel soulagement : notre ennemi le plus cruel est vaincu.
La mort fait ou défait un grand homme ; elle l’arrête au pas qu’il allait descendre, ou au degré qu’il allait monter : c’est une destinée accomplie ou manquée…
Dans la mesure où l’homme est capable de donner la mort, et c’est même ce qu’il fait de mieux ! Pourquoi n’arriverait-il pas à créer la vie ?
La mort ne nous livre pas seulement aux vers, mais aussi aux hommes, ils rongent une mémoire, ils la décomposent.
À son lit de mort, l’homme songe plutôt à élever son âme vers Dieu que les lapins.

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