Ils veulent mettre des barbelés autour de mes pensées... Mais j’ai des hirondelles dans la tête, et elles seront toujours libres de voler, de voyager, de chanter... Le fil de ma pensée est libre !
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- Tirez trop fort les vers du nez d’un homme, et ses secrets s’envolent comme un papillon craintif. Il faut les approcher doucement, attendre qu’ils viennent se poser délicatement sur le bord de votre ouïe.
- Aucun musicien, aucun groupe ne pourra jamais m’apporter tout ce que je cherche. Ma pensée musicale court à cent à l’heure, et je me dois de la suivre.
- Je l’ai reçu carrément et dans tout le déshabillé franc de ma pensée.
- Supporter d’entendre sa propre pensée demande un courage que je n’avais pas il y a encore quelques années. Je préférais me taire et m’oublier dans la musique.
- Quand vous commencez à penser par vous-même, vous leur faites peur, et ils s’efforcent de vous interdire tout contact avec l’opinion publique, de peur que si l’opinion publique vous écoute, elle ne veuille plus les écouter.
- Un jour, à force de caresser les mots, ils m’entraîneraient avec eux sous la surface, et il n’y aurait plus personne au-dessus du livre ouvert.
- Les érections de la pensée sont comme celles du corps; elles ne viennent pas à volonté ! Et puis je suis une si lourde machine à remuer ! Il me faut tant de préparations et de temps pour me remettre en train !
- Quand je me rase, me disait un demi-fou, qui, sinon Dieu, m’empêche de me couper la gorge ? -La foi ne serait, en somme, qu’un artifice de l’instinct de conversation.
- Il faut que vous me sortiez de la tête. Vous ne pouvez pas être ma première et ma dernière pensée de la journée pour le restant de mes jours. C’est malsain.
- J’ai une maison à l’île d’Oléron : si je surprends un type en train de jeter un papier ou une canette sur la plage, je suis capable de lui arracher les cheveux ! Ça me met hors de moi !
- Il me faut par tous les moyens lutter contre la dislocation et l’éparpillement de la pensée.
- Aucune voix n’emprunta le son du vent pour me glisser avec un petit souffle froid, dans l’oreille, le conseil d’écrire, et d’écrire encore, de ternir, en écrivant, ma bondissante ou tranquille perception de l’univers vivant...
- On ne peut pas penser quand on est amoureux. On est trop occupé à brûler sa maison. On ne garde aucune pensée pour soi. On les envoie toutes vers l’aimée, comme des colombes, comme des étoiles, comme des rivières.
- Que de voix vont s’élever contre moi ! J’entends de loin les clameurs de cette fausse sagesse qui nous jette incessamment hors de nous...
- Mon monde sous-marin ne connaît pas la rage. J’y suis souverain. Comme mon corps, mes idées sont légères et gracieuses. J’étouffe le monde du dehors le temps d’épuiser l’oxygène emprisonné à la hâte dans mes poumons.