Quand je me rase, me disait un demi-fou, qui, sinon Dieu, m’empêche de me couper la gorge ? -La foi ne serait, en somme, qu’un artifice de l’instinct de conversation.
Image : Quand je me rase, me disait...

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- Un croyant qui a perdu la foi, la grâce, pourrait à juste titre accuser Dieu de trahison.
- Toute certitude qui se retire de notre conscience la soulage au début, puis l’alourdit d’une nouvelle interrogation.
- Si, autrefois, devant un mort, je me demandais : «A quoi cela lui a-t-il servi de naître ? », la même question, maintenant, je me la pose devant n’importe quel vivant.
- Et comment puis-je croire en Dieu alors que, la semaine dernière seulement, je me suis pris la langue dans le ruban d’une machine à écrire électrique ?
- S’il existe un Dieu, qu’il m’indique le chemin ou qu’il m’emporte avec lui, comme ça je n’aurai pas de décisions à prendre, ça m’a toujours effrayée.
- Cette profonde conviction émotionnelle de la présence d’un pouvoir de raisonnement supérieur, qui se révèle dans l’univers incompréhensible, forme mon idée de Dieu.
- Je ne crois pas en Dieu, j’abjure et je renie Toute pensée, et quant à la vieille ironie, l’amour, je voudrais bien qu’on ne m’en parlât plus.
- L’esprit du doute, suspendu sur ma tête, venait de me verser dans les veines une goutte de poison; la vapeur m’en montait au cerveau, et je chancelais à demi dans un commencement d’ivresse malfaisante.
- Je n’avais découvert qu’une alternative : entrer dans l’esprit du jour et transmettre impitoyablement les vexations, cela, afin d’être «couvert», un mot encore qui venait de reprendre toute sa valeur, ou bien, alors, m’interposer.
- Supporter d’entendre sa propre pensée demande un courage que je n’avais pas il y a encore quelques années. Je préférais me taire et m’oublier dans la musique.
- Moi ! Moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan !
- Je suis devenu celui que j’avais peur de devenir. Un sceptique. Un agnostique - même pas assez croyant pour être athée. Un homme qui pense que le contraire de la vérité n’est pas le mensonge mais la certitude.
- Dieu fut pris au dépourvu à l’instant où nous fumes surpris de pouvoir penser par nous-mêmes.
- Un pauvre amant dit ce qu’il pense Sans trop penser à ce qu’il dit. Le désordre est son éloquence; Quand le coeur parle, adieu l’esprit.
- Je n’écoute plus rien; et pour jamais adieu... Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?