Toutes nos pensées qui n’ont pas Dieu pour objet sont du domaine de la mort.
Écrivain, 1627-1704Toutes nos pensées qui n’ont pas Dieu pour objet sont du domaine de la mort.
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Oraisons funèbres (1670)
Mais peut-être au défaut de la fortune les qualités de l'esprit, les grands desseins, les vastes pensées pourront nous distinguer du reste des hommes. Gardez-vous bien de le croire, parce quetoutes nos pensées qui n'ont pas Dieu pour objet sont du domaine de la mort.Ils mourront, dit le roi prophète, et en ce jour périront toutes leurs pensées, c'est-à-dire les pensées de conquérants, les pensées des politiques, qui auront imaginé dans leurs cabinets des desseins où le monde entier sera compris. …
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Je crois, toutes réflexions faites, qu’il ne faut jamais penser à la mort ; cette pensée n’est bonne qu’à empoisonner la vie ; la grande affaire est de ne point souffrir.
Mais la mort ne peut être imaginée, puisqu’elle est l’absence d’images. Elle ne peut être pensée, puisqu’elle est l’absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. Ce qui, pour chacun de nous, mais pour lui seul, est vrai.
La pensée de la mort nous trompe ; car elle nous fait oublier de vivre.
La mort n’est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation ; or, la mort est la privation complète de cette dernière.
Se tuer, c’est montrer à tous, de manière indiscutable, que l’on ne croit pas en Dieu.
Être fataliste, ce n’est pas tellement croire en Dieu. C’est bien plutôt, je pense, une sorte de lassitude, une forme du dilettantisme et un manque presque total de volonté.
La mort n’est que la mort ; on ne signifie rien par sa mort mais on la subit.
Ne sais-tu donc pas que la source de toutes les misères pour l’homme, la source de toutes ses faiblesses et de toutes ses lâchetés, ce n’est pas la mort, mais bien plutôt la crainte de la mort ?
Les maux du corps donnent l’idée de la mort, les peines de l’âme, celle de l’éternité !
Toute civilisation est hantée, visiblement ou invisiblement, par ce qu’elle pense de la mort.

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