Il y a quelque chose de calmant dans la philosophie, une manière de parler du vivant comme si on était déjà mort.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Il y a quelque chose de calmant dans la philosophie, une manière de parler du vivant comme si on était déjà mort.
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Source vérifiée
La Plus que vive (1996)
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Cicéron dit que philosopher ce n’est autre chose que s’apprêter à la mort.
La philosophie antique nous apprenait à accepter notre mort. La philosophie moderne, la mort des autres.
C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort – et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
L’acte vraiment philosophique, c’est le suicide ; là se trouve le début réel de toute philosophie.
Toute la vie des philosophes est une méditation de la mort.
Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.
Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
Quand on est mort, on entre dans le vif du sujet, « vif » étant en l’occurence un mot malheureux.
Réduire au maximum son empreinte négative sur la vie, telle est selon moi la plus humaniste des philosophies.
Un véritable homme de lettres, à la pensée de sa mort, est triste moins de mourir que de ne pouvoir concevoir sur la mort ne fût-ce qu’une seule pensée originale.

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