D’une façon générale, je souffre plus que je ne pense, c’est une question de tempérament ; et je crois qu’on comprend parfois mieux de cette façon-là.
Écrivain, 1914-1980D’une façon générale, je souffre plus que je ne pense, c’est une question de tempérament ; et je crois qu’on comprend parfois mieux de cette façon-là.
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Les racines du ciel
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Je vois que toujours la souffrance engendre une plus grande connaissance de la vérité que la sérénité de tous les sages. Ce que je sais, ce sont des malheureux qui me l’ont appris ; ce que j’ai vu, c’est le regard de la douleur qui me l’a montré.
La contemplation soulage quelque peu du malheur. Plus on contemple, plus la douleur diminue.
Je suppose que c’est bel et bien une tragédie, parfois, de se sentir obligé d’être celui qu’on est.
Il vaut mieux endurer patiemment une vive douleur que vous êtes seule à éprouver, que de commettre une action inconsidérée dont les fâcheuses conséquences s’étendraient à tous les vôtres.
C’est par la souffrance que l’on grandit le plus.
Pour être malheureux, il faut savoir pourquoi il faut avoir assez de lucidité pour comprendre.
L’idée de la souffrance est beaucoup plus facile à communiquer que celle du bonheur.
Quand le trait qui nous frappe est encore aiguisé par l’ingratitude, la blessure est d’autant plus vive.
Surtout j’ai la douleur, cette douleur toujours jeune, active, inspiratrice d’étonnement, de colère, de rythme, de défi, la douleur qui espère la trêve mais ne prévoit pas la fin de la vie, heureusement j’ai la douleur.
Il est difficile de remédier à notre propre tristesse parce que nous en sommes complices. Il est difficile de remédier à celle des autres parce que nous en sommes captifs.

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