L’été et notre vie étions d’un seul tenant La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante.
Écrivain, 1907-1988L’été et notre vie étions d’un seul tenant La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante.
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Source secondaire
Fureur et mystère (1948), Évadné, partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), p. 61
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La pluie nous a bués et lavés, et le soleil desséchés et noircis ; pies, corbeaux nous ont les yeux cavés, et arraché la barbe et les sourcils.
L’automne épuisé, plus même réchauffé par le soleil rare, perd une à une ses dernières couleurs. L’extrême ardeur de ses feuillages, si enflammés que toute l’après-midi et la matinée elle-même donnaient la glorieuse illusion du couchant, s’est éteinte.
L’ardeur du soleil fait mieux apprécier d’être à l’ombre.
La première chose qui frappe l’odorat du voyageur arrivant à Venise, c’est l’absence totale de parfum de crottin de cheval.
L’été, une légère brise nous apporte bien plus que de la fraîcheur. Elle nous apporte la vie.
Qui n’a cru respirer dans la fleur renaissante, les parfums regrettés de ses premiers printemps.
Chez nous, on mangeait à la carte : celui qui tirait l’as de pique mangeait.
Et la chambre drapée en tulle vaporeux
Rose de la lueur des veilleuses voilées,
Où ne sonnent jamais les heures désolées !…
Parfums persuadeurs qui montent du lit creux !…
Nous avons comme un pain partagé notre aurore Ce fut au bout du compte un merveilleux printemps.
Le matin, c’est la jeunesse, rien qu’à respirer, ça nous rajeunit.

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