La pluie nous a bués et lavés, et le soleil desséchés et noircis ; pies, corbeaux nous ont les yeux cavés, et arraché la barbe et les sourcils.
Poète, 1431-1463La pluie nous a bués et lavés, et le soleil desséchés et noircis ; pies, corbeaux nous ont les yeux cavés, et arraché la barbe et les sourcils.
Poète, 1431-1463Partager sur
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Oeuvres poétiques
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La pluie tombant sur nos tapisseries comme dans la rue, et nous faisant relever, toute une nuit, pour décadrer des dessins et les sauver d’un déluge.
En fuyant la pluie, on rencontre la grêle.
Un reste de soleil sur le seuil de la brume,
Une glu chaude encore à la pente des nues
Et l’automne vous prend dans ses pattes-pelues,
Feuilles couleur de sang, de sang couleur de plumes.
Nous faisions le gros dos sous la pluie.
La pluie montre ses dents, exige la lumière Mon envie de crier, comme un doigt qu’on déplie, tire, tire les fils du nez de la mercière Qui maigrit mais qui tourne, embobinant la pluie.
Quand cette pluie de sang aura séché sur la terre, toi et moi serons mêlés depuis longtemps à la poussière.
La pluie pousse à ruminer ses pensées. On ne regarde pas les autres lorsqu’il pleut ; on marche tête baissée, le regard fixé sur les flaques agitées.
Rien n’est étranger. On est arbre, fleuve, multiple au familier mystère. Puis peu à peu la pluie s’apaise. Il y a une lumière de cristal. Le corps bouge et le temps se décompte. On est réalité revenue au visible.
La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison, et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles.
L’automne et sa pluie ventent au-dessus des terres obscures ; grandes et sans issue les solitudes de la mort s’enlacent.

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