Une enquête récente a démontré que 90% des enterrés vivants reprennent conscience dans le corbillard qui les emporte vers le cimetière, mais ils n’osent rien dire de peur d’avoir l’air ridicule.
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- Je m’étonne que la plupart des hommes aient si peur des spectres, eux qui acceptent si facilement de parler aux morts dans leurs songes.
- Comment tuer la peur, me demandé-je ? Comment toucher au fantôme, comment le prendre à sa gorge de fantôme ? C’est une entreprise dans laquelle on se précipite en rêve et dont on se félicite d’être sorti comme un chien trempé, les membres frissonnants.
- Les gens vivent sans souffler mot de peur d’avoir à garder le silence !
- J’ai moins peur de mourir que d’être oublié.
- Ah ! Quelle nécropole que le coeur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
- C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
- C’est rudement commode, un enterrement. On peut avoir l’air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse.
- Inutile de prétendre intégrer la mort à la vie et se conduire de manière rationnelle en face d’une chose qui ne l’est pas : que chacun se débrouille à sa guise dans la confusion de ses sentiments.
- Qui peut dire si l’on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu’on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur ?
- Trop de lucidité dessèche; en sorte qu’une conscience délicate ne va jamais sans quelque aveuglement, sans l’ingénuité du coeur et la crédulité de l’esprit. C’est cette conscience que l’ironie des esprits forts impitoyablement pourchasse et neutralise.
- Chez l’homme civilisé, la crainte de ses morts n’a rien de commun avec le mysticisme des primitifs. Elle est un retour de flamme de sa conscience, un déguisement de ses remords.
- La mort, c’est particulier chez moi. Je n’arrive pas à me dire que c’est possible. J’ai toujours envie d’ouvrir le cercueil et de crier : « Allez, debout, on arrête ces conneries ! » Comment fait-on pour supporter cette idée-là ?
- Pendant la vie de certains grands, on ajoute souvent foi aux discours des flatteurs; mais, après leur mort, on interprète le silence des gens de bien.
- Il y a de certaines gens qui veulent si ardemment et si déterminément une certaine chose que de peur de la manquer, ils n’oublient rien de ce qu’il faut faire pour la manquer.
- Suicide. On ne voit rien du tombeau, des horreurs de la mort, mais on a le désir infini de se mêler à la tristesse attirante des choses.