Chez l’homme civilisé, la crainte de ses morts n’a rien de commun avec le mysticisme des primitifs. Elle est un retour de flamme de sa conscience, un déguisement de ses remords.
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- La conscience est à la fois scrupuleuse et hypocrite. Elle s’accuse, mais elle fuit devant la vérité, parce qu’elle veut ignorer la cause réelle de ses tourments.
- Souvent je ne pouvais m’empêcher de croire que ce qui me donnait, en pensant à elle, la troublante cuisson de tels désirs, était un de ces faits pathologiques et monstrueux qui dominent également la science de l’homme et sa volonté.
- Glissant aux choses religieuses comme par un attirement irrésistible à la pente d’un doux abîme, elle s’abandonnait à l’angoisse et à la langueur d’une conscience absolument découragée.
- La conscience du passé est constitutive de l’existence historique. L’homme n’a vraiment un passé que s’il a conscience d’en avoir un.
- La morale de l’homme n’avançait pas aussi vite que sa science. L’humanité n’était pas assez évoluée spirituellement pour assumer la puissance qu’elle s’était arrogée.
- L’homme lutte contre la peur mais, contrairement à ce qu’on répète toujours, cette peur n’est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l’éprouve pas, certains n’ayant aucune imagination, d’autres se croyant immortels, d’autres encore espérant des rencontres merveilleuses après leur trépas; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensées, c’est la peur de n’être rien.
- Le plus grand malheur de l’homme est d’avoir peur de tout, même de son ombre. Mais son autre grand malheur, c’est de se mentir et de ne plus savoir reconnaître sa peur.
- Le champ de bataille ne fait que révéler à l’homme sa folie et son désespoir, et la victoire n’est jamais que l’illusion des philosophes et des sots.
- Nous entretenons notre conscience, parce que nous avons peur de dire la vérité aux autres; nous nous réfugions dans l’orgueil, parce que nous avons peur de nous dire la vérité à nous-mêmes.
- Ce qui, pour l’homme, est le principe de tous les maux et de sa bassesse d’âme et sa lâcheté, ce n’est pas la mort, mais bien plutôt la crainte de la mort.
- La conscience mytique ou onirique, la folie, la perception dans leur différence ne sont pas fermées sur elles-mêmes, ne sont pas des îlots d’expérience sans communication.
- Est-il concevable qu’une... Entité divine puisse être ainsi issue de la conscience humaine sans que l’humanité en soit au courant ?
- Cette indifférence, cette absence de peur jetèrent un pont fragile qui m’éloigna de la mort. La conscience qu’ici on n’allait pas me battre, car ici on ne battait pas, cette prise de conscience engendra de nouvelles forces et de nouveaux sentiments.
- Heureux celui dont la conscience comparaît sans crainte à la barre de ses souvenirs !
- Souvent même la crainte de la mort pénètre les humains d’une telle haine de la vie qu’ils se donnent volontairement la mort dans l’excès de leur détresse, oubliant que la source de leurs peines est cette crainte elle-même.