C’est rudement commode, un enterrement. On peut avoir l’air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons C’est rudement commode, un enterrement. On peut avoir l’air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse.
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Journal, 1887-1910
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Suicide. On ne voit rien du tombeau, des horreurs de la mort, mais on a le désir infini de se mêler à la tristesse attirante des choses.
Prenez garde à la tristesse, c’est un vice.
La banalité de la vie est à faire vomir de tristesse, quand on la considère de près.
C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.
Une visite de condoléances, ma petite-fille, cela apprend à vivre, à se tenir. À oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
Il vaut mieux détourner la tête, sourire, ne rien laisser paraître de sa tristesse.
Lorsqu’on veut animer la multitude, l’accumulation des griefs a plus de force que leur vraisemblance.
Le chagrin est une sorte de chat sauvage, de couleur grise […] Il faut se mettre à plusieurs pour en venir à bout. Car, tout seul, on arrive mal à chasser le chagrin.
Ce peuple [irlandais] est si malheureux, qu’il a toujours festoyé la mort comme une amie, et que nul danger ne peut l’éloigner d’une cérémonie funèbre.

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