Je ne dis pas que Chevillard soit imbattable au coup de bouton, mais il me séduit. Il a des retraits de corps d’une grâce imprévue. Tout son jeu est une composition de haut style. Sa phrase d’armes est presque littéraire.
Image : Je ne dis pas que Chevillard...

Citations similaires à "Je ne dis pas que Chevillard..." :
- On confond toujours l’homme et l’artiste, sous prétexte que le hasard les a réunis dans le même corps.
- Quelle que soit la pièce qu’il joue, le style de jeu qu’il utilise, qu’il soit là pour faire rire, pleurer ou penser, la première et indispensable arme de l’acteur, c’est sa mémoire, la seconde, son corps, la troisième, sa voix.
- La stupidité de l’homme d’argent, quoique devenue quasi proverbiale, n’est cependant que relative. Ll en est des facultés de notre esprit comme des aptitudes de notre corps.
- Je l’examine du coin de l’oeil des pieds à la tête. Vers le milieu du corps, je constate que sa spiritualité se manifeste à tel point que, pour sûr, il pourrait s’en servir comme trique pour biquette.
- Un instant, j’ai pensé à ces phrases fantômes, ces réparties féroces, ces milliers de répliques jamais envoyées, demeurées suspendues, invisibles, ces griffes fières, jamais sorties de mon corps.
- Ni rire ni pleurer, comprendre : Trotsky n’arrêtait pas d’asséner la devise spinoziste à ses partisans. Comprendre donc. Comprendre avant de juger, expliquer avant de condamner.
- Quand il veut être grivois, il cite du Pétrone : c’est une manière d’échapper à notre temps; tout son effort tend à se désincarner.
- Une contrebasse, c’est plutôt, comment dire, un embarras qu’un instrument.
- Avec Stilitano, l’accompagnant toujours, je fis d’autres coups. Nous connûmes un veilleur de nuit qui nous renseigna. Grâce à lui nous ne vécûmes longtemps que de cambriolages.
- L ’homme de talent met virtuellement l’image dans le mot.
- Sur ce qu’il vient d’écrire dans la journée, il a des peurs nocturnes. La nuit, fantastiquement, ramène tout à l’imaginaire de l’écriture : l’image du produit, le potin critique (ou amical) : c’est trop ceci, c’est trop cela, ce n’est pas assez... La nuit, les adjectifs reviennent, en masse.
- Je ne fais pas grand cas, pour moi, de la critique. Toute mouche qu’elle est, c’est rare qu’elle pique. On m’a dit l’an passé que j’imitais Byron : Vous qui me connaissez, vous savez bien que non.
- Il délire, mais sa folie ne manque pas de méthode.
- Dans toute carrière publique, une fois que l’on a construit son personnage, et que le bruit qu’il fait revient à son auteur et lui enseigne qui il paraît - celui-ci joue son personnage - ou plutôt son personnage le joue, et ne le lâche plus.
- Lorsque le corps a épuisé ses ressources, ce sont les mots qui prennent le relais et je m’évertue, dans une course folle contre un sablier imaginaire, à trouver ceux qui pourraient me sauver.