Avoir un goût libidineux pour l’abattement, pour l’abandon, pour l’énervante douceur, et une volonté impitoyable de réagir, mâchoires serrées, exclusive et tyrannique, est une promesse d’éternelle et féconde vie intérieure.
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- Mais voici le plus atroce : l’art de la vie consiste à cacher aux personnes les plus chères la joie que l’on a à être avec elles, sinon on les perd.
- L’unique joie au monde c’est de commencer. Il est beau de vivre parce que vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant. Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité – on voudrait mourir.
- En général, est par métier disposé à se sacrifier celui qui ne sait pas autrement donner un sens à sa vie.
- Il faut du loisir pour l’agrément de la vie les esprits qui ont toute leur charge ne sauraient avoir de douceur.
- Parfois, il suffit d’un geste, d’un mot, pour changer le cours de la vie d’un être. Même si la promesse ne tiendra pas jusqu’à l’éternité.
- L’idée fondamentale du bien est donc qu’il consiste à préserver la vie, à la favoriser, à vouloir la porter à sa plus haute valeur, et que le mal consiste à anéantir la vie, la léser, l’entraver dans son épanouissement.
- Si l’on regarde au fond de ce solitaire, sous une triple cuirasse de froideur indulgente, d’ordre poussé jusqu’aux minuties, et de politesse, il y a, d’abord, l’amour ardent de la vie, et l’instinct de la domination.
- Nos coeurs sont des affamés. Notre esprit ne connait pas le repos. La vie est belle à proportion qu’elle est féroce, comme nos proies.
- Eternité ! Eternité ! Voilà l’aspiration par excellence; la soif d’éternité est ce qui s’appelle amour parmi les hommes; qui aime autrui veut s’éterniser en lui. Ce qui n’est pas éternel n’est pas non plus réel.
- L’éloge de l’impureté ouvre la voie aux métamorphoses, c’est-à-dire à la vie. Pour que la roue tourne, pour que la vie vive, les impuretés sont nécessaires. Il faut le désaccord, le différent, le grain de sel.
- Qui peut dire si l’on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu’on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur ?
- En toutes choses, le seul bonheur de la vie, le seul plaisir moral qui ne soit pas absolument vain, c’est de donner du plaisir à d’autres : en recevoir n’est pas le bonheur, ce n’en est que la vaine promesse.
- Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort; répandre l’espoir et non la crainte; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C’est le grand secret des sages et ce sera la lumière de demain.
- On ne veut point perdre la vie, et on veut acquérir de la gloire; ce qui fait que les braves ont plus d’adresse et d’esprit pour éviter la mort que les gens de chicane n’en ont pour conserver leur bien.