Qu’attend le législateur pour interdire de déposer articles et photos sur les tombes fraîchement creusées et pour instituer une sauvegarde de la mort intime au-delà de la protection de la vie privée ?
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- Ce qu’il y a de plus terrible dans la mort, c’est de ne pas pouvoir aller à ses rendez-vous du lendemain.
- Il y aurait un moyen pour simplifier les successions, supprimer les guerres familiales autour des cercueils et augmenter le chagrin des survivants : autoriser les défunts à emporter tout leur argent dans l’au-delà.
- Une remise de décorations est l’instant priviligié entre tous où un homme en bonne santé peut entendre en avant-première le tombereau d’amabilités qu’on déversera plus tard sur son cercueil.
- C’est important de mettre des photos sur les tombes. Sinon on n’est plus qu’un nom. La mort emporte aussi les visages.
- Les ressources suprêmes sortent des résolutions extrêmes. S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut.
- Nous devons oublier nos morts en tant que morts, mais il nous est permis de suivre leur modèle et de perpétuer leurs œuvres, le reste n’est que simagrées.
- Si l’on pouvait abolir la mort, il n’y aurait rien à dire. Abolir la peine de mort serait difficile. Mais si cela arrivait, on serait bientôt forcé de la rétablir.
- La caricature sert aussi indirectement à sauver la vie des hommes politiques. Pendant que le peuple rigole, il ne pense pas à mettre une tête au bout d’une pique.
- Le comble de l’avare ? - Offrir son corps à la science pour éviter les frais d’enterrement.
- Cette émulation à inventer des routes plus légitimes vers une mort qu’on l’on a dans sa poche depuis l’âge de raison.
- On a eu la gentille pensée de lui mettre dessus une lourde dalle de marbre, un presse-mort, pour être bien sûr qu’elle ne s’en ira pas.
- Le fossoyeur achève le creusement de la fosse... Quelques pelletées de terre inattendues viennent recouvrir le corps de l’enfant. Le prêtre des religions, au milieu de l’assistance émue, prononce quelques paroles pour bien enterrer le mort.
- Je suis en pourparlers avec la mort, je pèse ses propositions.
- Nous n’avons plus d’argent pour enterrer nos morts. Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles; Et les corps étendus, troués par les mitrailles, attendent un linceul, une croix, un remords.
- Il faut avoir au moins une certitude : celle de rester maître de sa mort et de pouvoir en choisir l’heure et le moyen.