Nous n’avons plus d’argent pour enterrer nos morts. Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles ; Et les corps étendus, troués par les mitrailles, attendent un linceul, une croix, un remords.
Écrivaine, 1786-1859Nous n’avons plus d’argent pour enterrer nos morts. Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles ; Et les corps étendus, troués par les mitrailles, attendent un linceul, une croix, un remords.
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Dans la rue
Nous n’avons plus d’argent pour enterrer nos morts. Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles; Et les corps étendus, troués par les mitrailles, Attendent un linceul, une croix, un remords.Le meurtre se fait roi. Le vainqueur siffle et passe. Où va-t-il? Au Trésor, toucher le prix du sang. Il en a bien versé! mais sa main n’est pas lasse: Elle a, sans le combattre, égorgé le passant.
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Le fossoyeur achève le creusement de la fosse… Quelques pelletées de terre inattendues viennent recouvrir le corps de l’enfant. Le prêtre des religions, au milieu de l’assistance émue, prononce quelques paroles pour bien enterrer le mort.
Rien ne manque aux funérailles des riches, si ce n’est des gens pour les regretter.
Ah ! Quelle nécropole que le cœur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
On ne pleure pas le destin d’un mort mais la perte du bien qu’il nous apportait. Si nous pleurions le martyre à venir, les maternités seraient océans de larmes.
Pour sauver ce vieux monde il faut un Dieu nouveau, et le prêtre demande un autre sacrifice. Voici bien deux mille ans que l’on saigne l’Agneau ; Il est mort à la fin, et sa gorge épuisée N’a plus assez de sang pour teindre le couteau.
Les ressources suprêmes sortent des résolutions extrêmes. S’embarquer dans la mort, c’est parfois le moyen d’échapper au naufrage ; et le couvercle du cercueil devient une planche de salut.
Paix à ce mort qui prie et qui vide ses haines Dans le sein du Seigneur et qui redevient beau. Ne trouble pas ce cœur qui des prisons humaines S’est évadé dans le tombeau.
La mort, dit-on, nous acquitte de toutes nos obligations.
Chaque dalle de cette église est une dalle funéraire, et on a conscience que ce sol où l’on marche est plein d’ossements.
Ainsi, pas une protestation ! De la reconnaissance au contraire ! Comme Job que la main de l’Eternel broie sans obtenir de son cœur un blasphème… Ce martyr est décourageant.

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