Nous n’avons plus d’argent pour enterrer nos morts. Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles; Et les corps étendus, troués par les mitrailles, attendent un linceul, une croix, un remords.
Image : Nous n’avons plus d’argent pour enterrer...

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- Vous faites bien d’amasser de l’argent pendant votre vie : on ne sait ce qui arrivera après la mort.
- Perte d’argent, perte banale. - Perte d’honneur, perte notable. - Perte d’ardeur, perte fatale.
- Il y aurait un moyen pour simplifier les successions, supprimer les guerres familiales autour des cercueils et augmenter le chagrin des survivants : autoriser les défunts à emporter tout leur argent dans l’au-delà.
- Quand l’estomac crie famine, qu’on n’a plus que la peau sur les os, l’argent est le seul dieu qui puisse répondre à nos prières.
- Le fossoyeur achève le creusement de la fosse... Quelques pelletées de terre inattendues viennent recouvrir le corps de l’enfant. Le prêtre des religions, au milieu de l’assistance émue, prononce quelques paroles pour bien enterrer le mort.
- Les Irlandais. Ce peuple est si malheureux qu’il a toujours festoyé la mort comme une amie, et que nul danger ne peut l’éloigner d’une cérémonie funèbre.
- Pourquoi après une mort, y a-t-il un espace systématique de mensonge sur la vertu et la valeur du disparu ? Pourquoi ce qui valait avant ne vaudrait-il pas après ?
- Pour sauver ce vieux monde il faut un Dieu nouveau, et le prêtre demande un autre sacrifice. Voici bien deux mille ans que l’on saigne l’Agneau; Il est mort à la fin, et sa gorge épuisée N’a plus assez de sang pour teindre le couteau.
- Plaie d’argent n’est pas mortelle, sauf pour ceux qui en meurent parce qu’ils sont totalement démunis.
- Chaque dalle de cette église est une dalle funéraire, et on a conscience que ce sol où l’on marche est plein d’ossements.
- Attendez la fin de cette guerre, car l’on ne sait quels affaires pourraient survenir, et guerre faite sans bonne provision d’argent n’a qu’un soupirail de vigueur. Les nerfs des batailles sont les pécunes.
- Rien ne manque aux funérailles des riches, si ce n’est des gens pour les regretter.
- On ne pleure pas le destin d’un mort mais la perte du bien qu’il nous apportait. Si nous pleurions le martyre à venir, les maternités seraient océans de larmes.
- Le meurtrier a commis cet horrible crime dans le but de vol. Heureusement que la victime avait déposé la veille de sa mort, tout son argent à la Caisse d’épargne, de sorte qu’elle n’a perdu que la vie.